Dès le déclenchement de l’alerte1, deux gendarmes ont été envoyés au Pas de Bellecombe pour empêcher des marcheurs de descendre dans l’enclos
du volcan. A quelque chose malheur est bon : si le mauvais temps a empêché le décollage de l’hélicoptère de la section aérienne, il a eu pour
effet d’inciter les randonneurs à rentrer prématurément. Les militaires, arrivés vers 11 h, ont donc attendu le retour des derniers visiteurs,
interrogeant ces derniers sur la possibilité d’attardés, avant de fermer définitivement l’accès aux lieux. Entre-temps, la crise avait pris fin,
mais le niveau d’activité sismique restait encore élevé hier soir, selon l’observatoire volcanologique. Il n’est pas facile de prédire la suite
des événements. Selon, Andrea Di Muro, responsable de l’équipe scientifique, le magma est situé à grande profondeur sous le sommet. La crise
d’hier matin était localisée entre 100 et 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, théâtre de la tentative du magma de se frayer une voie vers
la surface par des fractures dont l’ouverture déclenche des séismes plus ou moins violents. C’est ce bouillonnement aussi qui provoque la mise en
pression du volcan dont des capteurs ultrasensibles peuvent détecter le gonflement. Or hier, seuls des signes faibles de déformation ont été
enregistrés. Il est possible que le magma fasse une pause, d’une durée imprévisible, mais il peut tout aussi bien reprendre son chemin très vite.
En 2008, plusieurs semaines s’étaient écoulées entre la première crise sismique, le 15 août, et l’éruption du 21 septembre. Alerte 1, fermeture
de l’enclos, retour en vigilance, réouverture, re-alerte 1, etc., s’étaient enchaînés durant cinq semaines au gré des sautes d’humeur de la
Fournaise et de l’ascension du magma, qui finira bien par jaillir. Il faudra de toute façon se plier aux caprices de la Fournaise