La lave flirte avec le rempart

Ce n’est pas de sitôt que le grand public pourra aller observer les champs de lave depuis les rampes du Tremblet. Un regain d’activité hier matin a causé des incendies à répétition sur le rempart qui est sous la surveillance permanente des pompiers. Au pied des rampes, la RN 2 s’efface chaque jour un peu plus sous de nouveaux débordements de lave.
Venus hier matin pour vérifier qu’il était bien possible de laisser le grand public accéder bientôt à la Pointe du Tremblet, les officiels n’ont pas été déçus du voyage. Après le regain d’activité enregistré dans la nuit de mardi à mercredi, ils ont dû réviser leur plan. “L’ouverture au public n’est vraiment plus d’actualité, constatait le sous-préfet de Saint-Pierre Olivier Magnaval, nous n’avons même pas pu finir les aménagements prévus pour accueillir les visiteurs.” Deux sites avaient été envisagés initialement : le premier sur une plateforme débroussaillée qui domine le Grand Brûlé, juste avant la descente dans les rampes et le deuxième sur une portion d’une centaine de mètres de la route nationale au début de la descente. L’un comme l’autre ne sont plus vraiment fréquentables. Aux alentours, la végétation continue de s’enflammer spontanément sous la chaleur des coulées de lave qui flirtent toujours plus avec le pied du rempart. Un flirt même très poussé puisque, loin des regards, de nouveaux débordements de lave se sont jetés à l’assaut de la chaussée. La route nationale a déjà perdu plus d’un kilomètre dans la bataille depuis le début de l’éruption. Ces dernières 24 heures, ce sont encore plusieurs dizaines de mètres de chaussée qui ont disparu. Au pied des rampes, ou du moins ce qu’il en reste, il y a bien longtemps maintenant que le pont et la ravine Criais, elle-même, ont été ensevelis sous les couches successives de basalte.
Pierre Leyral


