Une cheminée devenue un gouffre

La Soufrière a bien changé au fil des années. En surface, la simple ouverture de quelques mètres de diamètre de l’origine s’est élargie au fil du temps au point d’atteindre quarante mètres d’envergure ces dernières années et les observateurs pressentaient sa fusion avec les cratère Dolomieu...
Patrick Bachèlery écrit au début des années 80 : "Installée suivant une fissure sub-parallèle au rebord du cratère Dolomieu, la Soufrière est un gouffre aux dimensions modestes en surface mais s’élargissant ensuite pour former une vaste cavité d’environ 100 mètres de long et 30 de large. Sa profondeur atteint près de 200 mètres. Le niveau très haut du magma dans l’édifice au début de cette éruption aurait permis l’alimentation temporaire d’un petit lac de lave dans la Soufrière. Ce lac de lave fut vidangé par la suite, les laves s’écoulant par une fissure radiale ouverte à l’altitude de 1 900 mètres sur le flanc Est du volcan, fissure où allait s’installer l’éruption qui se termina au mois de février 1965. Actuellement, la Soufrière émet de faibles fumerolles ratrement observables qui se traduisent néanmoins par la présence d’un dépôt soufré aux abords de la fissure." Maurice Krafft et Roland Bénard écrivent pour leur part en 1986 : "Environ 50 mètres au nord du Dolomieu, sur une fissure courbe subparallèle à son bord, s’ouvre un évent de 10 mètres de long et de 5 mètres de large entouré d’une zone hydrothermalisée. Il s’agit d’une cheminée volcanique creuse. Le magma, après y avoir séjourné et s’y être dégazé en lançant des flammes de combustion, a brusquement été drainé à cause de l’ouverture d’un évent à plus basse altitude. Il s’y est ainsi créé une vaste cavité souterraine complexe".