Retour...
ARTICLE DU 18/04/2007



Au Tremblet, il pleut du “jus de citron”

Après les nuages surchargés de soufre observés dans l’ouest et le sud il y a quinze jours, voici les pluies acides. Suite à la prise de conscience des pouvoirs publics, l’Observatoire réunionnais de l’air (ORA) est désormais équipé d’appareils de mesure de l’acidité de l’air et des pluies. Il était temps. Quatre points de récupération de l’eau de pluie ont été installés : à Saint-Philippe, Sainte-Rose, Bois-Blanc et la pointe du Tremblet. Ces derniers jours, les trois premiers points révèlent respectivement des pH de 4,5 et 5, légèrement inférieurs à celui du point-témoin de Sainte-Marie (de 5 à 6). Par contre, les relevés effectués au Tremblet indiquent un pH de 2,5 à 3 ! “Ce pH très acide correspond à celui du jus de citron”, indique Bruno Siéja, directeur de l’ORA. Pas étonnant selon lui, puisque l’eau de pluie précipite le dioxyde de soufre volcanique en acide sulfurique. Autre constatation : la présence importante d’acide chlorhydrique dans ces pluies, ce qui confirme la toxicité du panache produit par le contact entre la lave et l’eau de mer. Ces pluies acides provoquent une certaine corrosion avec la peau. Ainsi un technicien de l’ORA a vu de grandes plaques rouges apparaître sur son corps, avant qu’elles ne s’estompent rapidement. Il semble que la Drass communiquera prochainement plusieurs recommandations à la population du Tremblet en cas de pluie. Elle en serait bien inspirée, puisque les effets à court, moyen et long termes de tous ces gaz et acides générés par le volcan - dont beaucoup ne sont mesurés que depuis quelques jours - souffrent d’une grande méconnaissance sur l’île, résultat de plusieurs années d’indifférence. Sur les derniers jours, la qualité de l’air quant à elle, n’avait rien d’alarmant sur les différents points de mesure de l’île, tant au niveau de son acidité que de ses taux de dioxyde de soufre (SO2) et de poussières. Opérationnel depuis dimanche au Tremblet, le camion-laboratoire de l’ORA y a mesuré des pointes à 150 microgrammes de SO2 par mètre cube d’air et par heure, et 50 microgrammes de poussières. Des chiffres importants mais bien inférieurs aux seuils d’information et de recommandation de la population (respectivement 300 et 80 microgrammes). Par comparaison, il y a quinze jours, la station de Cambaie avaiut mesuré jusqu’à 600 microgrammes de dioxyde de soufre...

Sy.A.