Toujours de l’activité sous le sommet

De nouvelles coulées se sont jetées dans l’océan dans la nuit de dimanche à lundi, à proximité du rempart du Tremblet, alors que semble se confirmer la présence de magma à faible profondeur sous la surface, au sommet du volcan.
Il y a l’activité spectaculaire, visible, des fontaines de lave à 600 m d’altitude et des coulées du Grand-Brûlé serpentant vers la mer, au gré de l’humeur du piton de la Fournaise comme dans la nuit de dimanche à lundi et hier matin encore. Fantasque, le volcan s’est calmé dans la journée, les coulées se figeant peu à peu, mais hier en fin de soirée, l’activité effusive reprenait de plus belle, toujours imprévisible ! Et puis il y a l’activité que seul peut déceler le réseau de surveillance de l’observatoire volcanologique. Depuis ce week-end, la sismicité enregistrée sous le sommet a baissé, de même que le trémor éruptif lié à l’activité à basse altitude, descendu à un niveau très bas ; aucune sismicité n’est enregistrée sous la région du Tremblet. Cependant, des bouffées de gaz (« gas pistons » dans le langage des volcanologues) surviennent à un rythme soutenu dans le Dolomieu, « probablement signes d’une remontée de magma sous le sommet, et il n’est pas impossible qu’il arrive jusqu’à la surface du cratère ». Mauvaise nouvelle pour les scientifiques : ils ont « perdu » leur station sismique de la Soufrière. « Nous ne pouvons pas dire à l’heure actuelle si l’arrêt de cette station a été provoqué par un éboulement ou seulement par le manque d’énergie, les panneaux solaires ayant été recouvert de poussière », indique l’observatoire. Le capteur en question est en effet installé assez prêt du bord du rempart, un peu à l’est de la Soufrière... Quand on connaît l’ampleur des effondrements qui ont affecté la morphologie du sommet, et en attendant une vérification sur site, tous les doutes sont permis.
Photos François Martel-Asselin