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ARTICLE DU 13/04/2007



Un interminable chaos


Le cratère Dolomieu, jusqu’à la semaine dernière, offrait l’aspect d’un vaste plateau (cette photo). Vendredi, il s’est effondré une première fois, révélant un gouffre de 300 mètres de profondeur. La cloison qui le séparait du cratère Bory a en partie disparu. Jeudi (photo bas de page), il s’est effondré une seconde fois, entraînant dans le chaos un vaste pan de son voisin, le cratère Bory. Les fissures déjà présentes s’y sont encore élargies et tout indique que la zone qu’elles délimitent va prochainement elle aussi disparaître... (photos OVPF).

Situation stationnaire hier au volcan. Après le spectaculaire effondrement du sommet de jeudi après-midi, la sismicité a baissé hier mais d’autre événements du même type sont appelés à se reproduire, qui vont continuer à entraîner les cratères dans le chaos.

L’explication des événements. L’éruption du piton de la Fournaise se poursuit, il faut donc s’y résoudre, malgré un semblant d’endormissement mardi. La déstabilisation de sa structure interne a-t-elle mis en route un cycle où la pression qui s’exerce sur la chambre magmatique intensifie le débit du magma au niveau du sité éruptif situé sur les hauteurs du Grand-Brûlé ? L’observatoire, hier, au lendemain du séisme de magnitude 3,5 qui a propulsé dans l’atmosphère un panache de poussière de plusieurs centaines de mètres de hauteur et entraîné une augmentation sensible du débit des fontaines de lave et des coulées dans le Grand-Brûlé, a proposé cette interprétation des événements : “La sismicité se produit en profondeur sous le cratère Dolomieu, déstabilisant le “piston” entre la chambre magmatique et le sommet, aboutissant à un effondrement en profondeur, qui se répercute jusqu’à la surface. Ceci augmente la pression sur la chambre magmatique et intensifie le débit de magma vers l’éruption”. Rien ne permet de penser que cette situation va cesser rapidement. D’ailleurs, les photographies prises par l’observatoire volcanologique après l’effondrement de jeudi après-midi sont claires : d’autres effondrements vont se produire, comme en témoignent les gigantesques fissures qui délimitent des pans entiers du cratère Bory prêts à basculer dans le cratère Dolomieu.

LE TREMBLET ENCORE TOUCHÉ

Stations de l’observatoire en péril. Les scientifiques envisagent de déplacer au moins deux de leurs stations sismiques, a expliqué hier Philippe Kowalski, responsable technique de l’observatoire. Celles-ci sont en effet menacées en cas de nouvel effondrement du rempart, qui a déjà reculé d’une cinquantaine de mètres au niveau de Dolomieu Sud. Mais il faut attendre un retour au calme sismique pour procéder à une telle opération. Le calme revient. Hier matin, le débit des fontaines de lave comme celui des coulées qui avaient nouveau atteint la mer a décru. Après son augmentation jeudi, le trémor éruptif a baissé en cours de journée. Nouvelles pluies acides au Tremblet. Le mauvais temps couplé aux nouvelles arrivées de lave en mer a provoqué hier encore des retombées de sable volcanique et de pluies acides sur la région du village du Tremblet Pour voir l’éruption. L’accès côté Saint-Philippe reste interdit, en raison notamment de l’absence de point de vue sûr. Hier des cordistes sont intervenus pour nettoyer le rempart du Tremblet en surplomb des rampes où les incendies provoqués par la chaleur ont atteint la végétation et déstabilisé le sol. Les travaux de purge pourraient durer une semaine. Côté Sainte-Rose, rien ne sert de vouloir approcher trop près : les coulées actives se situent loin au milieu de la zone recouvertes par la lave (la route a été coupée sur environ 1,3 km). Les meilleurs points de vue sont donc en hauteur (Bel Air, rampes de Bois-Blanc).

F.M.-A.