Aucun diagnostic possible

Sur www.clicanoo.tv, le film de l’explosion d’hier après-midi, capté par les caméras de surveillance de l’observatoire volcanologique du piton de la Fournaise.
À l’ONF comme à la sécurité civile, le discours reste le même : aucun diagnostic du sommet du piton de la Fournaise ne sera possible tant que persistera la sismicité sous le sommet du volcan où le risque d’effondrements de grande ampleur reste aujourd’hui permanent.
Une chose est sûre : “Tout le monde veut aujourd’hui aller photographier le phénomène”. L’effondrement du cratère Dolomieu constitue en effet un événement exceptionnel dans l’histoire du piton de la Fournaise (notre édition de mercredi), qui devrait durablement conditionner l’accès à l’enclos du volcan et plus encore l’itinéraire vers le sommet, le sentier du “tour des cratères” ayant même partiellement disparu. Le rempart a en effet reculé de plusieurs dizaines de mètres au bas mot sur le versant sud du Dolomieu (notre édition d’hier). Or, de nouveaux effondrements majeurs ne sont pas également à exclure tant que la sismicité n’aura pas cessé. Du côté de l’ONF, comme de la sécurité civile, une seule préoccupation : permettre l’accès dans les meilleures conditions de sécurité tout en sachant qu’évoluer en montagne et à plus forte raison sur un volcan, même hors contexte éruptif, n’est pas exempt de risques. En précisant qu’une reconnaissance sera organisée dès que possible pour se rendre compte précisément de la nouvelle configuration des lieux, avant de faire des propositions au préfet sur les aménagements à réaliser à court et à moyen termes pour permettre le retour des randonneurs sur le site. Mais on est très loin d’en être là aujourd’hui. Du côté du Comité de randonnées pédestres de La Réunion (1 864 randonneurs affiliés en 2005) et de son président, Guy-Léandre Jista, on espère en tout cas que la réactivité des autorités permettra une réouverture rapide une fois le calme revenu sur la Fournaise. “Que les études soient menées dans les meilleurs délais pour permettre de nouveau l’accès aux randonneurs réunionnais, aux touristes, mais aussi aux scolaires”, souhaite celui-ci. Un vœu partagé par le directeur adjoint de la Maison de la Montagne, Fernand Payet, tout en “faisant confiance aux autorités pour que chacun puisse assister bientôt à cette renaissance du Dolomieu”... En attendant, toute tentative de redéfinition de l’itinéraire semble bien vaine tant la topographie des cratères évolue de jour en jour. Patience...
P.M.