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ARTICLE DU 12/04/2007



On ne pourra plus visiter le volcan comme avant


L’événement géologique majeur qui vient de se dérouler au sommet du piton de la Fournaise (notre édition d’hier) va sans aucun doute remettre en cause durablement l’accès au site touristique numéro 1 de La Réunion et obliger à redéfinir l’itinéraire de sa visite. Le sentier du “tour des cratères” est sans doute condamné pour longtemps.

L’effondrement de vendredi a fait du cratère Dolomieu, dont le plancher affleurait son bord est, un gouffre de 300 mètres de profondeur, d’un volume estimé à 50 millions de mètres cubes. Sa transformation n’est d’ailleurs pas terminée. La poursuite de la sismicité rend probable l’affaissement de nouveaux pans de ses rempart, où des éboulements quasi continuels se produisent. Des relevés préliminaires non officiels effectuées mardi indiquent d’ores et déjà un recul du rempart atteignant 20 à 50 mètres selon les endroits sur le pourtour sud du cratère Dolomieu. Aussi, rendre le sommet du volcan au public s’annonce délicat. Il va falloir dans un premier temps attendre que la sismicité toujours présente sous le sommet cesse, ce qui pourrait prendre longtemps, le temps que les contraintes se réajustent à l’intérieur de l’édifice déstabilisé par son effondrement interne. Par ailleurs, la violente sismicité qui a précédé l’effondrement semble avoir délimité de nouvelles zones de faiblesse très larges sur le pourtour du cratère Dolomieu, déjà objet de suspicions connues. Lorsque la situation sera considérée comme stabilisée, il est donc vraisemblable que l’itinéraire classique dit du “tour des cratères” devra disparaître des guides touristiques pour être remplacé par une approche plus sûre, sans doute llimitée à la partie ouest du sommet du volcan : le cratère Bory (à l’exception d’une portion de rempart le séparant du Dolomieu, effondrée elle ausssi mais non fréquentée) ne semble pas avoir souffert de l’événement et la partie ouest du sommet paraît globalement saine. Le sentier buterait sur des plates-formes d’observation aménagées dans cette zone heureusement située en hauteur et en surplomb du cratère Dolomieu redessiné par l’éruption d’avril 2007. La quasi-absence de visiteurs au piton de la Fournaise lorsque s’est produit le dernier événement de ce type, en 1936, n’avait sans doute pas suscité ce genre de préoccupation...

F.M.-A.