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ARTICLE DU 12/04/2007



Volcan, l’éruption était aussi dans les airs !

Avec un accès lointain à la coulée côté Sainte-Rose, interdit côté Saint-Philippe, c’est principalement par la voie des airs que de nombreux touristes et Réunionnais ont pu assister comme il se doit au spectacle du volcan. En n’hésitant pas à mettre la main à la poche, le tout dans un milieu toujours plus concurrentiel. Un secteur comptant désormais sur le survol du Dolomieu pour continuer à booster l’activité... La Fournaise est bien l’attraction touristique phare de la Réunion.

Le téléphone sonne et le carnet de réservations se remplit. Chaque éruption est perçue comme une chance par les différents acteurs du tourisme aérien de l’île. “Particulièrement en ce moment, avec la concordance des vacances scolaires en métropole”, commente la responsable des réservations à la société Helilagon, basée dans les hauts de Saint-Gilles et dont les cinq machines ont pris en priorité depuis une semaine le chemin du volcan. Une “manne” propice pour rééquilibrer des comptes d’entreprises dont l’activité, d’abord liée au tourisme, a durement souffert de la crise chikungunya. Pour un survol, comptez entre 120 et 230 euros, selon que vous optez pour l’option ULM ou hélicoptère. À moins que vous n’ayez la chance de connaître personnellement un pilote d’un des aéro-clubs de l’île... Ce qui irrite certains responsables de sociétés d’ULM jugeant la concurrence “déloyale, le transport et donc la balade touristique leur étant interdit”. En trouvant au passage “bien nombreux le nombre d’amis et autres cousins que peuvent avoir certains pilotes”.

“DE LA PLACE POUR TOUS !”

Un aéro-club n’ayant pas le droit d’emporter des clients payants. Ce qui est vrai et appliqué commente-t-on du côté du club de Roland-Garros ! “Nous ne faisons pas de publicités dans les journaux. Seule la famille et les amis peuvent embarquer contre une simple participation aux frais”, réagit un instructeur. Soit environ 150 euros pour un transport de six personnes au maximum, chiffre ce dernier. Et de poursuivre : “Nos grilles sont fermées et si un touriste nous appelle, nous le renvoyons vers les sociétés d’ULM ou d’hélicoptères”. Le tout sous la responsabilité de chaque pilote... rendant difficile d’aléatoires contrôles. De toute façon, il y aurait de la place pour tout le monde dans le ciel réunionnais tranche le responsable de la société Félix ULM basée à Cambaie. En jugeant “magique”, l’effet volcan : depuis la semaine dernière, deux pilotes ont tourné constamment au-dessus de la Fournaise (forfait de 160 euros), “et même jusqu’à six pilotes en simultané”, se réjouit Félix Breysse. Pour ce dernier, la concurrence des aéro-clubs est un faux problème, “alors que nous avons dû refuser du monde”. L’éruption terminée ? Le survol de l’effondrement du Dolomieu devrait désormais prendre le relais dans le cœur des visiteurs. Des clients “à 80 % réunionnais”, comptabilise le responsable de Corail hélicoptères, basée à Pierrefonds et donc plus proche des coulées (150 euros le survol). Une société qui a compté jusqu’à 15 rotations dans la journée de lundi dernier, “soit 5 à 6 heures de temps de vol, contre 1 h 30 en moyenne”.

L’ULM PREND DES GALONS

Un patron qui affirme “rappeler chaque réservation, si l’éruption s’achève définitivement pour lui laisser le choix”. Reste un milieu toujours plus concurrentiel, avec certains qui n’hésitent pas à annoncer sur leur site que “les sociétés basées à l’aéroport de Pierrefonds sont les seules habilitées par la législation pour le survol touristique du volcan”, sous prétexte que “la loi ne permet pas à un ULM en vol touristique professionnel de s’éloigner à plus de 40 km de sa base”. Faux, rétorque un spécialiste de l’aviation civile : les instructeurs n’étant pas soumis à cette règle (vol d’initiation), “un pilote peut acheminer qui il le souhaite dans le cadre d’un vol privé”. Le plaisir de voler et de faire découvrir tout simplement les beautés de l’île : le parti pris de la seule association de l’Est, l’ULM Club Alizés basée à Bras-Panon, “sur la seule condition d’une participation aux frais”, et dans les mêmes conditions que les aéro-clubs résume le vice-président, Stephan Hesse, par ailleurs fondateur d’une mini-société privée, pour qui une telle activité reste “exceptionnelle”. Une association qui espère voir un projet avec la commune se concrétiser pour la mise à disposition d’une véritable piste pour la construction d’un hangar... car le grand gagnant au final, c’est bien l’ULM et au-delà toutes les activités aériennes. “Une de mes clientes est même devenue instructrice en métropole après un survol du volcan”, sourit Félix Breysse. On appelle ça l’effet Fournaise !

P.M.


Contact annuaire et sites internet ou auprès de Stephan Hesse au 06 92 02 05 44.