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ARTICLE DU 11/04/2007



1986, 2002, 2007 l’histoire se répète au sommet



Dans l’histoire récente du piton de la Fournaise, deux épisodes, celui de mars 1986 et celui de décembre 2002, illustrent bien ce qui vient de se passer au sommet du piton de la Fournaise.

Le 29 mars 1986

Alors que vient de s’achever la deuxième éruption hors enclos du XXe siècle (Le Tremblet, Saint-Philippe) après celle d’avril 1977 à piton Sainte-Rose, une violente crise sismique débouche sur une série de terribles explosions phréatiques qui secouent le cratère Dolomieu. La vidange de la colonne de magma par la récente éruption en bord de mer provoque l’effondrement d’une partie du sommet devenu creux et l’expulsion de cendres, de blocs énormes sur le pourtour du sommet. Comme découpé à l’emporte-pièce, un « cratère puits » (pit crater en anglais) de 150 m de diamètre pour 80 m de profondeur se forme. Les coulées des deux éruptions de 2002 du piton de la Fournaise se jettent dans l’océan Indien. Mais la seconde éruption de cette année-là (16 novembre-3 décembre) mobilise surtout l’attention en raison de l’activité sismique qui l’accompagne au début, puis sur sa fin et surtout ensuite. Le réseau de surveillance du volcan détecte de quelques centaines à plusieurs milliers d’événements quotidiens à faible profondeur sous le sommet. Cette situation laisse craindre un effondrement de grande ampleur du cratère Dolomieu.

Le 23 décembre 2002 à 10 h 02

Au terme de près de trois semaines d’une intense activité sismique succédant à la fin, le 3 décembre, de la dernière éruption du piton de la Fournaise, l’observatoire volcanologique enregistre un séisme de magnitude 3 en forme de bouquet final. En effet, instantanément, le volcan se mure dans un silence total. Le travail des scientifiques peut également commencer en toute sécurité désormais. Sur le terrain, les prises de vues et des mesures sur le réseau de positionnement par satellite (GPS) sont entreprises. Ensuite, la comparaison avec d’autres photos et mesures réalisées avant l’éruption met en évidence des modifications très nettes de la topographie du cratère principal du volcan, toutefois peu visibles pour un œil non exercé. « La formation du cratère d’effondrement, précise l’observatoire volcanologique, a déstabilisé le bord du cratère Dolomieu et provoqué un glissement, qui a partiellement comblé le cratère d’effondrement ». Par ailleurs, des fissures atteignant jusqu’à un mètre de largeur sont observables autour du cratère d’effondrement, qui en fait une zone à risque.