La menace s’éloigne avec la baisse du trémor : l’éruption qui a débuté lundi dernier s’est stabilisée à 500 m d’altitude et le risque d’une coulée hors enclos paraît nettement moins d’actualité. Le spectacle a aussi beaucoup diminué depuis samedi.
Le spectacle diminue.
L’éruption dans le Grand-Brûlé est toujours en cours, avec un seul point actif, vers 500 mètres d’altitude. Le trémor éruptif était revenu hier soir au même niveau qu’au début de l’éruption. Des fontaines de laves d’une hauteur de 50 à 100 m, selon les moments, sont encore visibles. De moins en moins de coulées de lave sont présentes, “possiblement en raison de coulées en tunnel”, selon l’observatoire volcanologique. Côté Saint-Philippe, seuls les riverains du Tremblet sont admis. Côté Sainte-Rose, les points de vue rapprochés ne sont pas les meilleurs. Mieux vaut observer d’un point haut tel que les rampes de Bois-Blanc.
Une semaine d’éruption.
Le piton de la Fournaise est entré en éruption pour la deuxième fois de l’année le vendredi 30 mars, au cours d’une phase éruptive de neuf heures dans la région du sommet. Une seconde phase éruptive a débuté le lundi 2 avril, qui se poursuit aujourd’hui à 500 m d’altitude environ. La baisse du trémor éruptif, indicateur de l’intensité de l’activité, s’est stabilisée hier à son niveau du début de l’éruption. Même si la durée des éruptions à basse altitude ne dépasse généralement pas une semaine, comme on l’a vu en 2002 et en 2005, il ne faut pas pour autant en déduire prématurément que le spectacle va s’achever aujourd’hui ou demain.
La route coupée sur 1,250 kilomètre.
Les derniers relevés complétés hier indiquent que la route nationale 2 est désormais recouverte de lave en gratons sur une longueur de 1 250 mètres, de manière ininterrompue, avec une épaisseur atteignant 10 m du côté du Tremblet. Un record, puisque le chiffre surpasse le nombre de mètres de macadam noyés par les éruptions de 2005 et 2004. Il ne semble plus exister aucun ilôt de chaussée préservé, sans parler des sentiers ONF engloutis. Si l’éruption s’était produite quelques semaines plus tôt, l’événement se serait télescopé avec la coupure de la circulation entre Saint-Pierre et Saint-Louis (effondrement du pont de la rivière Saint-Etienne), empêchant le passage des convois de poids lourds par le Grand-Brûlé. On a frôlé le cauchemar. Il ne semble pas que ce type de scénario catastrophe ait jamais été envisagé par les autorités.
Le sommet du volcan méconnaissable.
Il faudra sans doute attendre longtemps la réouverture de l’enclos, avec d’abord la fin de l’activité actuelle, ensuite la stabilisation de de la zone, plus que jamais sujette à éboulements. Des bords du cratère Dolomieu ont été entraînés dans l’effondrement, ainsi que certaines portions de sentier. L’observatoire volcanolgique a pour sa part perdu plusieurs trépieds fixes utilisés au cours de campagnes de mesure.
Coulée hors enclos
Le risque diminue. Selon Thomas Staudacher, directeur de l’observatoire volcanologique, le risque d’une éruption hors enclos n’est plus autant d’actualité que la semaine dernière, en raison de la baisse de l’activité. Le trémor éruptif a été divisé par quatre par rapport à sa valeur maximale.
La ravine en feu.
La ravine Criais en crue, comme de nombreuses ravines de la région du Tremblet (ravine Pont-Rouge notamment), se jette dans l’enclos depuis le rempart du Tremblet (elle emprunte lit d’une coulée hors enclos retombée dans le Grand-Brîulé, au XIXe siècle). Depuis quelques jours, elle coule comme une furie sur le lit de gratons brûlants déversé par la Fournaise en dégageant un mur de vapeurs opaques qui obscurcit les rampes du Tremblet, avant de disparaître soudainement dans le sol. Un vrai mystère. En 1977, Météo-France avait associé une très importante pluviométrie dans la région de Piton Sainte-Rose à l’éruption en cours.
François Martel-Asselin
Le rempart du Tremblet fermé au public
La situation revient petit à petit à la normale, au Tremblet, où les habitants commencent à revenir chez eux. A l’extrême pointe du village, l’air est maintenant plus respirable mais les riverains hésitent encore regagner leur maison. Hier, Veolia a dû se résoudre à purger la citerne qui alimente tout le secteur, l’eau étant déclarée contaminée. Même si le volcan se calme, la ravine Pont-Rouge déborde encore parfois sur le pont. Hier, la préfecture à allégé son dispositif en installant un barrage filtrant à Takamaka. Toutes les personnes qui se rendent pour voir de la famille ou faire quelques courses peuvent passer. Celles qui souhaitent voir la coulée depuis le rempart du Tremblet devront faire demi-tour. Celui-ci est interdit au public. Des éboulis se succédent à intervalle régulier sur la route. Le dispositif sera de nouveau étudié ce matin, à 10 heures, en préfecture.