Même si l’évacuation a été une fausse alerte vendredi, tous les habitants du Tremblet ne sont pas rentrés chez eux. Une trentaine de personnes a passé la nuit dans le centre d’hébergement mis en place dans la salle de la Mer Cassée. Pour beaucoup d’entre eux, c’était la première fois qu’ils ont pu vraiment se reposer après plusieurs nuits blanches.
Il est 7 h 30, les habitants du Tremblet qui ont passé la nuit dans le centre d’hébergement de Mare Longue sont déjà réveillés depuis un bon moment et n’attendent plus qu’une chose, retrouver leur maison. Les lits picots sont vides. Les exilés du volcan tuent le temps sur les marches du centre d’hébergement en attendant le petit-déjeuner. “Ceux qui habitent jusqu’à Citrons Galets peuvent rentrer, ceux au-dessus non, annonce un employé communal, le transport est là.” Certains ne l’ont pas attendu pour quitter les lieux et rejoindre le Tremblet. Hier matin, les autorités déconseillaient toujours fermement à ceux qui habitent entre la ravine Citrons Galets et les rampes du Tremblet de retourner chez eux. Le centre d’hébergement reste donc ouvert pour eux.
“Au moins on a pu dormir”
Au total, trente-quatre personnes ont été hébergées dans la nuit de vendredi à samedi dans la salle de la Mer Cassée. “Cela s’est bien passé, maintenant on a l’esprit un peu plus tranquille et on a pu évacuer le stress de l’évacuation, témoigne Maryvon Rivière, c’est sûr tout le monde n’a pas réussi à dormir, beaucoup de gens étaient réveillés vers 4 heures.” Ce Saint-Philippois qui habite à proximité de la coulée de 1986 n’est pas le seul à avoir apprécié ce moment de calme après le tumulte de l’évacuation. “Enfin on a pu dormir un peu mais vivement qu’on rentre à la case”, poursuit Marie-Jeanne Bertile. Elle habite elle aussi juste avant le rond-point de Citrons Galets où les gendarmes avaient hier soir installé leurs barrières pour interdire l’accès à la Pointe. “La nuit s’est assez bien passée. C’est sûr il y avait des gens qui causaient, mais au moins on a pu dormir sans le grondement du volcan et le bruit des roches qui tombent sur le toit de la case”, continue la même habitante du Tremblet. “On avait vraiment besoin de sommeil, cela fait presque une semaine qu’on ne dormait presque plus et là j’ai bien dormi”, renchérit Yvonne Payet. “Je veux dire un grand merci à la loi qui nous a dit de sortir de là”, conclut la gramoune qui a été évacuée par son fils. D’autres sont un peu plus mitigés sur le déroulement même de l’évacuation vendredi après-midi. “Je trouve que cela a été un peu choquant surtout pour les vieux mounes, c’était un peu brutal entre les sirènes et les appels des gendarmes”, estime une habitante du Tremblet. D’autres se plaignent du manque d’information, “cela fait un bon moment que personne n’est venu nous voir”. Et d’ironiser un peu sur les trois bus de l’armée, venus pour évacuer ceux qui n’avaient pas de transport, mais qui sont arrivés quand le village était déjà vide. “Les autorités se sont un peu précipitées pour une fausse alerte, mais comme on dit : mieux vaut prévenir que guérir. C’est sûr c’était un peu la panique, mais il valait mieux encore qu’on fasse ça de jour plutôt qu’en pleine nuit, là cela aurait été désastreux.”
P.L.