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ARTICLE DU 06/04/2007



Moins de soufre et plus d’acide


Le seuil susceptible d’affecter la population dans sa respiration a même été dépassé en toute fin de matinée (à 11 h 45) à Saint-Louis avec 330 microgrammes.
(photo IPR)

Les concentrations en dioxyde de soufre ont été très importantes hier matin, avant de chuter considérablement à la mi-journée. Le nuage gazeux cédant la place à un brouillard humide, peu chargé en SO2 mais davantage en composés acides. Une pollution qui devrait perdurer encore aujourd’hui.

Les nuages d’émissions de gaz volcaniques ont recouvert les régions du Sud et de l’Ouest de l’île toute la journée d’hier, avant de se dissiper après 20 heures, repoussés au large par la brise de terre. L’Observatoire réunionnais de l’air (ORA) enregistrait dans la matinée des concentrations importantes en dioxyde de soufre (SO2) de l’ordre de 200 à 300 microgrammes par mètre cube d’air et par heure sur l’ensemble des stations de l’île, à l’exception de celles de Saint-Denis et de la Marine à Sainte-Suzanne. Le seuil susceptible d’affecter la population dans sa respiration a même été dépassé en toute fin de matinée (à 11 h 45) à Saint-Louis avec 330 microgrammes. Puis, les concentrations ont vite chuté, le brouillard “bleu-gris” laissant la place à un brouillard d’un “gris” plus habituel, chargé en humidité, à l’image de ce que l’on a l’habitude de voir régulièrement sur les hauteurs. À 13 heures, le taux de SO2 à la Possession s’élevait à 147 microgrammes. La station du Gol à Saint-Louis enregistrait 193 microgrammes, 21 à Saint-Pierre. Paradoxalement, le brouillard couvrant notamment l’ouest est devenu plus intense après midi. Un phénomène que l’ORA n’a pas tardé à expliquer : le nuage chargé en humidité gagne en épaisseur. Le SO2 dissous, l’air n’en demeure pas moins pollué puisque chargé en acide sulfurique. Un cas déjà observé lors d’une précédente éruption, en février 2005. Le nuage avait recouvert l’île pendant une journée. Dans ce cas, les pathologies respiratoires laissent la place à des gènes liées au contact des composants acides avec la peau et les yeux, pouvant occasionner alors des picotements. Mais la vigilance reste de mise. Les émanations de gaz et d’acides seront sans doute encore d’actualité aujourd’hui. “Les brises de terre devraient assécher l’air dans la nuit laissant présager un nuage à nouveau très concentré en gaz demain matin (ce matin, ndlr.)”, ajoutait Bruno Siéja, le directeur de l’ORA.

T.L.




Recommandations maintenues

Compte tenu de la persistance du phénomène éruptif, la préfecture maintient sur l’ensemble de l’île sa mise en garde, notamment aux personnes sensibles (personnes âgées, enfants et adultes ayant des pathologies respiratoires ou cardio-vasculaires chroniques). Il est recommandé d’éviter toutes les activités physiques et sportives intenses, augmentant de façon importante le volume d’air et de polluants inhalés ; de veiller à ne pas aggraver les effets de cette pollution par d’autres facteurs irritants, tels l’usage de solvants ou de peintures sans protection appropriée, ou encore la fumée de tabac. Les personnes sous traitement préventif ou curatif à visée respiratoire sont invitées à suivre strictement leur traitement ou de l’adapter sur avis du médecin.