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ARTICLE DU 06/04/2007



La population partagée entre inquiétude et fascination


Les volcans, des grands pollueurs ? Certes, mais sans eux, la vie n’existerait pas sur Terre. Ce sont eux qui ont permis la création de notre atmosphère. Aux hommes qui vivent à leurs pieds de s’adapter, ce que la Réunion découvre aujourd’hui
(photo F.M.-A.).

Souffrant de problème respiratoire, un enfant de 4 ans a été admis au service pédiatrie de l’hôpital de Saint-Paul hier après-midi. Sa mère, pointe du doigt le nuage toxique qui a recouvert toute la côte ouest. Une brume bleutée plus spectaculaire que dangereuse qui aura suscité inquiétude chez les uns et admiration chez les autres.

Aux urgences de Saint-Paul, le lien n’a pas été fait entre cette admission et les nuages volcaniques poussés par le vent. D’ailleurs la préfecture ne semblait pas en avoir eu connaissance hier. Mais pour la maman de l’enfant il ne semblait pas avoir beaucoup de place pour le doute. Celle-ci était persuadée que le petit avait respiré beaucoup trop de dioxyde de soufre. Dans le doute, elle a donc préféré se rendre aux urgences du Centre hospitalier Gabriel-Martin qui a pris en charge l’enfant, admis au service de pédiatrie pour des examens.

LOIN DU SEUIL CRITIQUE

C’est le seul cas suspect de gêne respiratoire signalé lors du passage de cet “intriguant nuage de soufre” sur l’ouest. Une brume à laquelle les habitants de la région - de Saint-Leu à la Possession - est peu habituée. “En descendant de Saint-Leu, je ne pouvais même pas distinguer la Pointe-des-Châteaux”, explique cet habitant de Portail. “Tout au bout, on pouvait juste apercevoir comme un nuage bleuté”. En revenant de Saint-Denis par la route du littoral, Alexandra dit avoir été “éblouie” par la couleur orangée d’une nappe de brouillard sur le Port. “Le mélange entre les couleurs des rayons de soleil et ces nuages de soufre était très agréable à voir”, dit-elle. Un avis que partage Édouard, habitant de la Petite France. “Quand le soleil disparaît, on voyait comme un manteau bleu recouvrant tout le littoral. C’était à la fois impressionnant et beau”, estime celui-ci. “Depuis les rampes de Plateau-Caillou, on ne pouvait même pas voir la Pointe-des-Galets”. Toute la journée durant, la côte ouest était ainsi sous les nuages toxiques provoquant admiration chez les uns et inquiétude chez les autres. Mais d’après les spécialistes, le seuil critique des 300 microgrammes de dioxyde par mètre cube d’air et par heure était loin d’être atteint. Par conséquent, le nuage ne présentait pas un taux de toxicité susceptible d’incommoder véritablement la population.

G.L.