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ARTICLE DU 06/04/2007



Une activité démentielle


En venant du nord, après le premier coup d’œil possible à Bel-Air, le spectacle est déjà dans les rampes de Bois-Blanc. Attention, les places de stationnement sont rares et vous risquez de facilement paralyser la circulation.

L’éruption qui a débuté lundi matin dans le sud de l’enclos du volcan ne souffre aucune comparaison avec d’autres du même type, qui se sont produites à basse altitude, ces dernières années. Les volumes de lave émis, l’évolution de l’activité surprennent.

Scientifiques et observateurs s’accordent sur ce point : ils ne connaissent pas de précédent à un tel déchaînement des forces du piton de la Fournaise. En une douzaine d’heures au cours de la nuit de mercredi à jeudi, le trémor éruptif a doublé et il était toujours en hausse régulière hier. Ce qui s’est traduit par une augmentation de la hauteur des fontaines de lave et du débit de la fissure située sur les hauteurs du Grand-Brûlé. Certaines coulées sont très fluides et atteindraient par endroits la vitesse de 60 km/h. Les échantillons recueillis hier montrent qu’il s’agit d’un basalte à olivines, dont on reconnaît facilement les gros cristaux verdâtres / dorés, d’origine profonde. Cette composition est peut-être la marque d’une réalimentation des chambres magmatiques du piton de la Fournaise intervenue après avril 2006, selon l’observatoire. La coulée côté Sainte-Rose, figée la veille, a repris vie hier au point de se transformer en un nouveau fleuve de lave qui a avalé hier après-midi le début de la piste menant à la mer. En fin de journée, une autre portion de cette piste a été coupée par la coulée, empêchant l’accès à la côte. En début de soirée, en raison de l’ampleur croissante des coulées, le public a été évacué à un kilomètre en retrait.

F.M.-A.