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ARTICLE DU 05/04/2007



Les sentiers du Grand-Brûlé


Baptême du feu pour José Vaillant, tout nouvel agent forestier de l’ONF à Bois-Blanc, avec cette éruption dans le Grand-Brûlé.

Mardi matin il avait improvisé une pancarte à installer en bordure de falaise. “Guy Rivière, l’agent forestier de Saint-Philippe, qui connaît bien le secteur, confie-t-il, m’a mis en garde contre les risques d’effondrement. Il est primordial que les gens qui vont aller voir les coulées se jeter dans l’océan ne s’approchent pas du bord de la falaise.” Après trente-trois ans passés en Lorraine où il s’est occupé de chênes, José Vaillant découvre la biodiversité réunionnaise. “C’est précisément ce qui m’a attiré ici, indique-t-il. Je voulais m’occuper d’autre chose que de forêt de production.” Le maillage du réseau de sentiers dans le Grand-Brûlé a fait avec cette éruption la preuve de son efficacité. Tout était parti d’un constat. En août 2004, plus de 40 000 visiteurs étaient venus assister à l’arrivée des coulées à la mer. Les agents de l’ONF avaient alors aménagé à la hâte des itinéraires et des plates-formes d’observation. Décision était alors prise de créer un réseau de 14 kilomètres de sentiers et de pistes en taillant certains de toutes pièces ou en en réhabilitant d’autres. La colonne vertébrale de ce maillage est un parcours de 8,5 km entre le pied du rempart de Bois-Blanc et celui du Tremblet destiné à remplacer l’ancien sentier des pêcheurs trop près du bord de la falaise. Six pistes forestières assurent la liaison avec la RN 2. L’ensemble, inauguré en octobre 2005, permet désormais en cas d’éruption allant à la mer d’organiser rapidement un accès sécurisé. Il a été largement utilisé ces jours derniers. Mardi matin, les ouvriers forestiers ont joué du sabre pour rafraîchir le sentier littoral entre le débouché du “chemin 32” (voir la carte IGN au 1:25 000) reliant la nationale au bord de mer à partir de la coulée de1976. Mais le risque de voir une nouvelle coulée couper la route après avoir englouti les statues du sculpteur Mayo sur le site de Symbiose pour volcan et oiseaux a rendu caduc le dispositif hier après-midi, de même que le belvédère aménagé sur le rempart dominant les coulées, côté Saint-Philippe va rester désert puisque le public ne peut plus accéder au Tremblet depuis hier également. Cependant, il ne devrait pas y avoir de difficulté pour aménager un nouvel accès à l’océan dans la mesure où existe déjà un itinéraire entre le pied du rempart de Bois-Blanc et celui du rempart du Tremblet.

Alain Dupuis