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ARTICLE DU 04/04/2007



Un nuage de soufre cause un vent de panique



Nous avons des capteurs en temps réel sur l’île, notamment près des centrales thermiques, mais rien dans la région du volcan”, déplore Bruno Siéja, directeur de l’Observatoire réunionnais de l’air (ORA).

Une cinquantaine d’adolescents incommodés, quatorze conduits vers les hôpitaux de Saint-Joseph et de Saint-Pierre. Tel est le bilan du passage d’un nuage de gaz volcanique sur le centre-ville de Saint-Joseph hier en début d’après-midi. Heureusement plus de peur que de mal.
Des parents prévenus au téléphone pour venir chercher leurs enfants en catastrophe, deux équipes du SMUR envoyées sur place, une vingtaine de sapeurs-pompiers de tout le Sud mobilisés sur trois établissements scolaires de Saint-Joseph, des infirmeries qui débordent, le passage hier en début d’après-midi d’un nuage de gaz volcanique a créé un véritable début de panique. Mais, fort heureusement quelques heures plus tard le bilan s’arrête à une cinquantaine d’adolescents plus ou moins fortement incommodés par les émanations de soufre dont quatorze ont été conduits vers les hôpitaux de Saint-Pierre et de Saint-Joseph pour plus de prudence. Le responsable est tout désigné : le volcan. Plus particulièrement un nuage chargé de soufre qui a été porté par les vents jusqu’au centre ville de Saint-Joseph, distant de moins d’une vingtaine de kilomètres. Un phénomène semble-t-il très localisé qui a touché trois établissements scolaires : le collège Joseph-Hubert, le collège des Sang-Dragons et le lycée Pierre-Poivre.

“LES LARMES AUX YEUX”

“Beaucoup d’élèves sont partis à l’infirmerie avec les larmes aux yeux, ils avaient la gorge qui grattait et un peu de mal à respirer, certains étaient tout rouges”, témoigne un élève de Joseph-Hubert. Un établissement dont le principal n’a “aucun commentaire à faire”. Bien sûr, mais il y a eu tout de même une dizaine d’adolescents intoxiqués dont quatre ont été conduits à l’hôpital. Au lycée voisin Pierre-Poivre, on relève seulement quatre jeunes touchés et deux qui ont dû être évacués. Le bilan est encore plus lourd du côté du collège Sang-Dragons. Tout a commencé vers 13 h 25 explique la principale Marie-Jeanne Macé : “L’infirmerie m’a alerté car des élèves rencontraient des problèmes respiratoires et le phénomène s’est très vite amplifié. Quand je suis arrivé il y avait une quarantaine d’élèves dont cinq vraiment gênés”. Les secours ont déployé sur place des moyens très importants, toutes les casernes du Sud ont été mobilisées sous les ordres du commandant Vidot. Ses hommes sont intervenus également à l’école du Butor, mais c’est au collège des Sang-Dragons que l’on comptabilise une quarantaine d’adolescents touchés par les vapeurs de soufre. “Ils se plaignaient de sensations de brûlure au niveau des bronches, des picotements au bout des doigts, des crampes, mais aucune crise d’asthme”, détaille le médecin-capitaine Jean-Michel Rolland. Tous les élèves indisposés ont été placés sous oxygène par les pompiers qui avaient mis en place une régulation pour séparer les cas les plus préoccupants. Au final, c’est une dizaine d’élèves qui ont dû être évacués vers le Groupe hospitalier Sud Réunion même si leur état n’inspirait pas vraiment d’inquiétude. À la demande du sous-préfet de Saint-Pierre, une équipe de l’observatoire réunionnais de l’air devait se rendre à Saint-Joseph hier soir pour effectuer des analyses et surtout mesurer les concentrations de soufre et d’autres gaz provenant de l’éruption volcanique qui se trouveraient dans l’air ambiant.

P.L.





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