L’observatoire reste sur ses gardes
Deux coulées à la route, une à la mer hier en fin de soirée : ça, c’est pour le spectacle que toute la Réunion a commencé à aller admirer. Mais à l’observatoire volcanologique, la vigilance reste très serrée. Le village du Tremblet l’a échappé belle, car une éruption hors enclos, semblable à celle de 1986, était à redouter en raison de l’intense activité sismique qui persistait depuis la phase éruptive éclair de lundi et du risque avéré de la propagation souterraine de la fissure éruptive de vendredi en direction des hauts de Saint-Philippe. Le doute a été levé rapidement en milieu de matinée : il semblait bien n’y avoir aucune activité en dehors de l’enceinte naturelle du volcan, comme le confirmaient les agents de l’ONF en patrouille dans le secteur. Pour autant, les scientifiques restent sur leurs gardes, en raison de la persistance des séismes. Une nouvelle évolution, même si aucun signe n’existait hier soir, n’est pas à exclure. Tout le week-end, le réseau de surveillance du volcan a enregistré une sismicité atteignant jusqu’à 60 événements par heure. Hier matin, plusieurs gros séismes, avec des magnitudes maximales impressionnantes proches de 3, ont été détectés. C’était le signal de la deuxième phase éruptive. Une fissure s’est ouverte vers 600 m d’altitude, dans la continuité de celle de vendredi (1 900 m d’altitude), en contrebas du Nez coupé du Tremblet, orientée nord-ouesd sud-est, longue de près d’un kilomètre. Les fontaines de lave atteignaient hier soir, après un regain d’activité dans l’après-midi, sans doute plus d’une soixantaine de mètres.
Francois Martel-Asselin