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ARTICLE DU 29/03/2007



Les seismes s'intensifient


La courbe du bas (“nombre de séismes par jour”) indique une augmentation très sensible depuis quelques jours. La courbe du haut (“moment sismique cumulé”) traduit l’énergie totale des séismes, elle aussi en augmentation très rapide désormais. Le tout à comparer avec la période préparatoire à la dernière éruption du 18 février (le pic au milieu de chacune des deux courbes). (document OVPF)

Tous les indicateurs suggèrent désormais la possibilité d’une éruption “à court terme” selon l’observatoire volcanologique. “La sismicité sous le piton de la Fournaise, déjà significative depuis le début mars, a fortement augmenté depuis mi-mars et est aujourd’hui à 120 séismes par jour. Nous notons aussi une intensification des séismes. Le réseau GPS permanent indique une inflation gonflement du sommet de plusieurs centimètres sur la composante verticale, ainsi que des déformations horizontales, en particulier en direction est-ouest. Ces signes sont des précurseurs d’une éruption qui se prépare et qui peut débuter à court terme.”

VIGILANCE VOLCANIQUE, MODE D’EMPLOI

La vigilance volcanique a été déclenchée le 26 mars par la préfecture. “Vigilance volcanique”, c’est l’appellation retenue par la nouvelle version du plan de secours spécialisé volcan publié en octobre 2005, remplaçant le terme de “préalerte”... d’où une certaine confusion parfois, la langue fourchant facilement vers “vigilance cyclonique”. Aucune mesure particulière, contrairement aux alertes cycloniques, n’est associée à cette phase qui vise essentiellement à mettre en éveil les services de l’Etat sollicités en cas d’éruption imminente (gendarmerie, service départemental d’incendie et de secours, ONF, DDE, etc.). Par conséquent, inutile de s’alarmer et de constituer des stocks ( !), même si dans l’absolu il ne faut pas ignorer le risque non nul d’une activité hors enclos : le plan volcan prévoit évidemment l’évacuation des zones habitées si nécessaire (exemples : Sainte-Rose 1977, Saint-Philippe 1986, Bois-Blanc 2002). Pour l’heure il n’en est aucunement question, rassurez-vous. L’accès à l’enclos du volcan restant autorisé, la phase de vigilance concerne donc essentiellement dans l’immédiat les randonneurs, invités à ouvrir l’œil et à rester attentifs à toute manifestation inattendue (même si les fumerolles persistantes depuis les dernières éruptions ne doivent pas être considérées comme tel !). Il faut garder à l’esprit que les éruptions débutent souvent au sommet, à l’intérieur du cratère Dolomieu (cratère principal, le plus vaste, dont l’accès est interdit), que les fissures éruptives coupent fréquemment le sentier qui en fait le tour. Dans un tel cas, la seule solution est de revenir sur ses pas tout simplement, en suivant scrupuleusement le sentier. Ne vous risquez pas à descendre hors piste, sur les pentes, vous avez toutes les chances de vous égarer, en terrain très difficile de surcroît. Si vous vous sentez vraiment en difficulté, mieux vaut rester sur une zone haute, en vous éloignant sans hâte excessive du site éruptif et du bord des cratères, particulièrement fragiles : déjà déstabilisés, comme en témoignent les fissures existantes, ils peuvent s’effondrer sur une largeur assez importante en raison de la sismicité liée à l’éruption.

Francois Martel-Asselin


Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise http://ovpf.univ-reunion.fr