Éruption de plus en plus en vue
La deuxième éruption de l’année 2007 se rapproche. Ce serait pour les jours ou les semaines à venir selon la préfecture, qui a déclenché hier la phase de vigilance prévue par le plan de secours spécialisé volcan. L’accès reste cependant autorisé aux randonneurs.
Les éruptions s’enchaînent. À l’éruption fleuve de quatre mois qui s’est achevée le 1er janvier 2007 a succédé celle, très brève (9 heures), du 18 février. Mais elles n’ont en rien fait retomber la pression qui monte encore à l’intérieur du volcan. Dès le début du mois de mars, l’observatoire a commencé à enregistrer tous les signes d’un prochain retour d’activité. Le volcan n’a aucunement dégonflé suite à ces deux éruptions et les capteurs du réseau de surveillance continuent ces jours derniers à détecter une inflation qui atteint près de dix centimètres par endroits. La sismicité s’accroît elle aussi, avec jusqu’à plus de 80 séismes quotidiens (63 samedi et 88 dimanche). La préfecture a donc décidé hier d’activer la phase de vigilance volcanique. En effet, “une éruption peut être possible à courte voire moyenne échéance (jours ou semaines)”, selon l’Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise. La préfecture n’hésite pas pour sa part à s’engager plus avant en affirmant : “Une éruption est probable dans les jours ou semaines à venir”. Possible ou probable, peu importe, la nuance est mince et le piton de la Fournaise imprévisible ! Pour les visiteurs du volcan, pas grand-chose de changé. Un panneau “Vigilance volcanique” a été mis en place comme d’habitude par l’Office national des forêts à l’entrée de la route forestière n° 5, à la Plaine-des-Cafres. Mais la recommandation quant à “la nécessité de s’informer avant d’entamer la descente dans l’enclos” soulignée à juste titre par la préfecture tient un peu du vœu pieux à moins que ne soit affichée au pas de Bellecombe une reproduction du dépliant “Piton de la Fournaise, conseils et prévention” publié en décembre dernier. On y apprend par exemple qu’en cas de coulée, il faut “partir latéralement, ne pas courir”. Un conseil parmi d’autres à prendre en compte. Si toutes les éruptions sont aujourd’hui prévues, le volcan entre parfois en activité au terme de crises sismiques de moins d’une demi-heure, comme en février dernier. Mais qu’on se rassure, tous les témoins de l’ouverture de fissures éruptives se sont déclarés ravis du spectacle avant qu’on ne les fasse évacuer, même avec une petite frousse rétrospective. Vigilance et prudence donc.
Francois Martel-Asselin
Une secousse a été ressentie hier vers 16 h 45 à Saint-Denis, principalement dans les secteurs de Bellepierre et des Camélias selon des témoignages spontanés adressés à des stations de radio. L’observatoire volcanologique a confirmé dans la foulée. La secousse, d’une magnitude de l’ordre de 2, a été localisée quelque part au nord de La Réunion, mais avec une précision insuffisante en raison de l’absence de réseau spécialisé, le réseau dédié au volcan ne couvrant bien que le sud-est de l’île. Un autre séisme avait déjà été enregistré à 1 h 54 hier matin, selon l’observatoire, suscitant de rares témoignages en raison de l’heure matinale. De tels événements ne sont pas rares. Deux ou trois sont signalés spontanément chaque année alors que des dizaines d’autres passent complètement inaperçues. Que celui d’hier survienne alors qu’une éruption est attendue n’a rien d’extraordinaire non plus en raison de la fréquence des éruptions depuis une dizaine d’années (entre deux et cinq par an depuis 1998). Le cas s’est déjà ainsi produit en novembre 2005 et en juillet 2006 ! Ces séismes, dont la source est éloignée du centre volcanique de l’île, seraient liés à leur propre structure et non au piton de la Fournaise.