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ARTICLE DU 13/02/2007



Nouvelle éruption en vue


Le nombre de séismes quotidiens a augmenté graduellement depuis le 1er janvier, date de la fin de la dernière éruption. Depuis quelques jours, il est passé à 60 événements, avec des intensités plus importantes (document OVPF).

Après quatre mois d’activité du volcan et l’extinction des feux le 1er janvier dernier, son ardeur ne semble avoir été qu’à peine entamée. Depuis, son sommet a recommencé à gonfler et les séismes enregistrés par l’observatoire ont augmenté plus sensiblement ces derniers jours.

Les scientifiques, selon la règle, se montrent prudents. Hier, ils se bornaient à évoquer, s’appuyant sur les données livrées par le réseau de surveillance du volcan “la préparation d’une nouvelle éruption, dont la date ne peut à l’heure actuelle pas encore être estimée”. Or, on sait ce qu’il en est : le piton de la Fournaise reste imprévisible, certaines éruptions se faisant attendre plusieurs semaines voire plusieurs mois en dépit de signes insistants, au fil de crises avortées. D’autres démarrant presque sans prévenir, comme la dernière, celle du 30 août 2006... qui a duré quatre mois et un jour, succédant à la précédente qui s’était achevée deux semaines plus tôt. “Depuis la fin de la dernière éruption, le 1er janvier, nous observons par GPS une légère inflation du piton de la Fournaise, notait hier l’observatoire. Cette inflation est accompagnée par une augmentation de la sismicité. Jusqu’au début février, ces séismes étaient de très faible intensité, mais des séismes plus forts sont observés depuis quelques jours.” Depuis une dizaine d’années, les satellites constituent un moyen devenu incontournable de surveillance des volcans. La constellation des satellites GPS (Global positioning system, positionnement par satellite) permet de mesurer toutes les quelques minutes l’évolution des déformations d’un massif à l’intérieur duquel progresse le magma. Les observatoires volcanologiques ont de surcroît à leur disposition des instruments beaucoup plus précis que les GPS grand public, grâce au GPS dit différentiel. Leurs réseaux s’appuient sur une station de référence propre qui leur autorise une qualité de mesure très supérieure. De fait, il apparaît que le sommet du volcan a gonflé de plus de deux centimètres depuis le début de l’année, et certaines des secousses enregistrées ont atteint désormais une magnitude de 1,3 (elles dépassent rarement 2,5 au piton de la Fournaise). Ces signes ne trompent pas et indiquent assurément qu’une nouvelle éruption est en préparation. Mais comme l’avoue l’observatoire volcanologique, son échéance est inconnue. En fonction de la persistance de cette activité, la préfecture pourrait déclencher la phase de “vigilance” prévue par le plan de secours spécialisé volcan. Elle correspond à l’ancienne phase de “préalerte volcanique” de l’ancien plan, révisé en octobre 2005.

Francois Martel-Asselin


Une activité débordante

Depuis 1998, les éruptions du piton de la Fournaise se succèdent au nombre de deux à cinq chaque année. Une activité débordante qui confirme son titre officieux de volcan le plus actif de la planète. Sa dernière éruption, le 30 août 2006, dans le cratère Dolomieu, a pris fin le1er janvier 2007, 57 minutes après minuit, après avoir duré quatre mois et un jour. Une éruption spectaculaire, qui a vu la naissance successive de cinq cônes, du jamais observé de mémoire d’homme. Surtout, le cratère Dolomieu, le plus vaste des deux cratères sommitaux, a été comblé par l’afflux de lave dans son secteur Est, celle-ci débordant à l’extérieur, du jamais observé de mémoire d’homme encore. Les mesures effectuées peu après la fin de l’éruption ont montré que le plancher du cratère a été submergé par une couche de lave de 10 à 30 mètres d’épaisseur selon les endroits.