L’effondrement de 1860 : Des blocs projetés jusqu’à Bois-Blanc ?

Le mamelon central en 1801 vu par le naturaliste Bory de Saint-Vincent.
“Le danger était réellement imminent, aux rampes de Bois-Blanc surtout, auprès desquelles la chute de pierres de dimensions fort considérables a causé quelques dégâts sur les plantations mais sans faire de mal à personne.” Ce récit de Hugoulin, pharmacien de première classe de la marine à propos de l’effondrement de 1 860 est mis en doute par les volcanologues d’aujourd’hui. Il n’empêche l’épisode en lui-même a fortement marqué les esprits. “Le 19 mars 1860 à 8 h 30 du soir, rapporte Hugoulin, un roulement sourd mais fort bruyant s’est fait entendre dans toutes les localités voisines du Grand Brûlé, de Sainte-Rose et même jusqu’au-dessus des rampes nord de la rivière de l’Est... Ce bruit produisait une certaine vibration du sol. Il n’y avait pas positivement de tremblement de terre mais la trépidation était assez violente pour produire l’agitation des meubles... Une épaisse colonne de fumée grisâtre s’est élancée perpendiculairement dans l’espace du sommet de la montagne du volcan dans la partie voisine du piton de Crac. Cette colonne, d’après M. Oudin, devait avoir plus de 100 m de largeur à la base... Cette colonne a été en s’agrandissant à son sommet de manière à former un nuage épais qui s’est étendu en deux sens presque opposés... Des rampes du Bois-Blanc et de celles de la rivière de l’Est le phénomène a paru plus important encore. Toute la masse de la colonne était illuminée par une quantité considérable de points en vive ignition... Les deux nuages ont fini par se résoudre en une pluie de cendres qui a couvert toutes les localités environnantes à plus de sept lieues du rayon du centre volcanique... À seize milles en mer, le trois-mâts la Marie-Elisa qui venait au mouillage de Saint- Rose a eu son pont entièrement couvert de cendres... Une masse d’au moins 300 millions de kilogrammes de matière a été expulsée presque instantanément par l’éruption et tamisée sur 60 000 hectares de superficie de terre et de mer, le cinquième environ de la surface totale de la colonie.”

Sous le crayon de Bory de Saint-Vincent, l’évolution du piton de la Fournaise entre 1760 et 1791.