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ARTICLE DU 14/11/2006



L’éruption sur le déclin, vandalisme au sommet


Aurélien Dupont, de l’Institut de physique du globe de Paris, monte sur son dos au sommet du volcan tous les éléments nécessaires au fonctionnement de la nouvelle station, au rythme d’une à trois ascensions par jour. Qui aurait cru un acte de vandalisme possible en un tel lieu ? Le coffret visible au premier plan a été pillé dans la nuit de samedi à dimanche par des inconnus qu’on n’imagine pas « randonneurs » dans l’âme.
photos François Martel-Asselin

Alors que le volcan est en éruption depuis deux mois et demi désormais, « la tendance à la baisse de l’amplitude du trémor observée depuis une semaine se poursuit », indique l’observatoire volcanologique dans son bulletin d’hier, déplorant des dégradations sur du matériel de surveillance de l’activité.

Vendredi, le cône actif dans le cratère Dolomieu s’est soudainement assagi et le spectacle de bulles géantes explosant à la surface de son lac est terminé. Seule des projections régulières l’animent, tandis que des coulées s’étalent encore ça et là au fond du grand cratère sommital. L’éruption, actuellement sur le déclin, s’achemine-t-elle vers sa fin ? Il est sans doute trop tôt pour l’affirmer : début octobre, elle avait repris de la vigueur, donnant naissance à un deuxième cône éruptif (le « piton la Neige » actuel né durant l’épisode neigeux des 9-10 octobre) après le piton La Wouandzani né au début de l’éruption du 30 août. Cette prolongation inespérée de l’éruption a conduit Aurélien Dupont, un étudiant qui participe à un programme de recherche l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) dont fait partie l’observatoire, à revenir dans l’île pour mettre à nouveau en place un dispositif de surveillance acoustique de l’éruption déjà mobilisé en juillet dernier. Il a commencé en fin de semaine dernière l’installation de son matériel. Malheureusement, explique Thomas Staudacher, directeur de l’observatoire volcanologique, le dispositif « portant le logo de l’observatoire, a été vandalisé dans la nuit de samedi à dimanche : casse d’un cadenas, vol de matériel et utilisation d’un coffret comme poubelle ! ». Or, comme il le précise, « le site où se trouve le dispositif est interdit au public jour et nuit en raison des dangers à cet endroit, consigne peu respectée. Il est à signaler que le bord du cratère, au sud et au sud-est, est truffé de très larges fissures et la paroi du Dolomieu y est très fragile. » Une situation qui assurément fait désordre au regard d’un acte parfaitement stupide et pénalisant pour des chercheurs dont on sait qu’ils doivent souvent recourir au système D pour mener à bien leurs missions.