Un deuxième cône actif dans le cratère Dolomieu

Depuis lundi, le trémor éruptif a entamé une remontée qui explique la nouvelle activité
Alors que le sommet du piton de la Fournaise paradait revêtu de son manteau blanc, un autre spectacle se déroulait, invisible, au fond du cratère Dolomieu. Le piton La Wouandzani semble avoir rendu son dernier soupir pour passer le relais à une nouvelle bouche éruptive toute proche.
Six semaines se sont écoulées depuis le début de l’éruption du 30 août. Elle entre aujourd’hui dans sa septième semaine. Dressant un parallèle avec le “petit caprice de la météo”, l’observatoire volcanologique dans son bulletin d’hier évoque un « petit caprice de la Fournaise, soulignant que “le trémor augmente depuis hier matin sensiblement (lundi) ». Les scientifiques étaient loin de se douter de ce qui se tramait au sommet du volcan. Ceux qui ont survolé le cratère Dolomieu enneigé, plus ou moins familiers des lieux, n’ont pas plus déjoué la supercherie : la bouche active qu’ils ont aperçue n’était pas le piton La Wouandzani mais bel et bien un nouveau cône volcanique (voir en première page de cette édition) ! Il est vrai qu’encapuchonné de nuages, le sommet se faisait désirer. Or, c’est dans l’après-midi seulement, grâce aux témoignages d’observateurs attentifs du piton de la Fournaise, que le mystère s’est éclairci. Ces photographes et cinéastes du Centre de diffusion et de documentation sur le volcanisme (CDDV), dont les images de l’éruption en cours sont visibles à la Maison du volcan, ont tout de suite compris qu’il se passait quelque chose à leur arrivée au sommet. Arrivés par le cratère Bory, ils ont été les premiers témoins de fontaines de lave dépassant le bord du rempart où ils étaient postés, quelques projections atteignant une trentaine de mètres de hauteur selon leur estimation. Le dégazage du cratère était bien visible. La lave s’étalait sur une centaine de mètres vers l’est en direction du premier piton de l’éruption du 30 août, désormais quasi silencieux et simplement rougeoyant. Hier en fin d’après-midi, la neige couvrait toujours une partie du sommet, rendant parfois invisible le balisage dans la montée. Le trémor atteignait environ 40 % de sa valeur maximale du début de l’éruption) contre 25 % dimanche.
F.M.-A.