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ARTICLE DU 22/09/2006



Le volcan déborde


On devine encore les bords du cratère, où se tiennent les personnages. Ailleurs, la lave a franchi le rempart pour commencer à se déverser sur les pentes
(photos F. M.-A.).

L’éruption du piton La Wouandzani, dans le cratère Dolomieu, se poursuit à un rythme soutenu. Ses laves ont peu à peu comblé la partie sud-est du cratère, atteignant le bord du rempart et débordant même sur les flancs du cône sommital du piton de la Fournaise. Un événement qui mérite d’être souligné.

En un peu plus de trois semaines, un cône volcanique comme personne ne semble se souvenir en avoir vu d’une taille aussi impressionnante en ces lieux s’est édifié dans le cratère Dolomieu. Le piton La Wouandzani (“fraternité”, en comorien) a noyé le fond du cratère de ses laves, son plancher atteignant désormais le bord du rempart dans sa partie sud-est, ce qui a justifié la fermeture de l’accès au point d’observation le plus proche de l’éruption. Et, mercredi, la lave a franchi cette barrière naturelle sous l’œil des scientifiques de l’observatoire volcanologique. Cependant, elle n’a parcouru que quelques dizaines de mètres avant de se tarir en surplomb du cratère Maillard. Depuis, aucune activité n’a été observée au niveau de ce déversoir et, en l’état, il n’y a aucune crainte de voir les coulées engloutir la route nationale 2, comme semblaient déjà l’appréhender certains hier matin. Cet événement n’est pas anodin si l’on s’intéresse un peu à l’histoire du sommet du volcan, qui est loin d’avoir toujours présenté l’aspect actuel qu’on lui connaît. Très fracturé, et donc fragile, on sait qu’il a été le théâtre au cours des siècles derniers, à la lumière de quelques rares témoignages, de spectaculaires remaniements liés notamment aux phases éruptives successives : effondrements (en raison du vide produit par la vidange des réservoirs de magma) et remplissages. Ainsi le cratère Dolomieu a-t-il atteint jusqu’à 300 mètres de profondeur ! Le dernier effondrement remonte aux années 1930 alors qu’avant cette époque le sommet à la place du Dolomieu actuel était presque plat. Personne n’y a (heureusement) assisté et du coup, on ne sait pas grand-chose du déroulement d’un tel événement. Un jour, puisque le cratère Dolomieu est donc en voie de comblement en raison des nombreuses éruptions dont il est le théâtre, le poids de la lave accumulée en surface et reposant sur un vide partiel entraînera vraisemblablement la réédition d’un tel phénomène dont il est cependant impossible de prévoir l’échéance.

F.-M. A.


Le niveau du plancher du cratère est remonté de plusieurs mètres, envahi par les coulées.