Un gendarme porté disparu au volcan
La nuit dernière, une trentaine de gendarmes du PGHM étaient à la recherche de leur collègue aperçu pour la dernière fois, hier vers 6 heures, alors qu’il partait s’entraîner en vue du Grand raid dans les pentes du volcan. Ce matin, les opérations de secours devaient encore s’intensifier dès 5 heures avec l’arrivée de l’hélicoptère et deux équipes pédestres en renfort.
“Le temps est détestable et ne facilite en rien les recherches entreprises. Le brouillard est très épais et la visibilité ne dépasse pas un mètre.” Les gendarmes ne cachaient pas leur inquiétude, la nuit dernière, alors que leur collègue, en poste à Saint-Denis était toujours manquant. Hier matin, vers six heures, le gendarme en poste à Saint-Denis, profite de son temps de repos. En civil, il arrive au Pas de Bellecombe et gare sa voiture sur le parking. Avant de se mettre en route, il va saluer ses collègues qui assurent la sécurité sur place. “Il était bien équipé explique les secouristes. Il avait de la nourriture, de l’eau et semblait en parfaite condition physique. C’est un sportif accompli, un excellent marcheur. Il nous a dit qu’il allait faire le tour du volcan”. En vue d’une éventuelle participation à la Diagonale des Fous. Là haut, la météo est épouvantable. Le temps passe, et l’après midi touche peu à peu à sa fin. Depuis longtemps les promeneurs qui ont affronté le brouillard pour admirer l’éruption dans le cratère du Dolomieu, sont de retour. Le parking s’est vidé ou presque... La voiture du gendarme, une Peugeot 206, est seule, abandonnée. L’alerte est donnée. Le Peloton de gendarmerie de haute montagne est très rapidement sur place. Des effectifs de la compagnie de Saint-Pierre viennent aussi le renforcer sous le commandement du capitaine Dany Drouhet. La nuit est déjà tombée lorsque les recherches commencent dans des conditions très difficiles. Juste avant de partir, les militaires tentent de le joindre sur son téléphone portable mais n’obtiennent pas de réponse. Ils sont inquiets car il fait froid et tenir est difficile, surtout si on est blessé. Une équipe technique tente de retrouver le signal de son GSM tandis qu’une équipe pédestre parcourt la zone. En vain. Les gyrophares des véhicules de la gendarmerie sont restés allumés toute la nuit pour que le militaire en perdition puisse se repérer. A 23 heures, les équipes parties le long du Dolomieu et du Bory sont de retour car les conditions climatiques, notamment le vent et le froid, ne permettent pas de poursuivre de manière satisfaisante. Ce matin, l’hélicoptère devrait être au rendez-vous sur le Pas de Bellecombe si le temps se dégage. Ce n’est plus une équipe du PGHM mais trois qui parcourront la zone. Le colonel Tritsch a décidé de diriger lui-même les investigations. Et plus le temps s’écoule, et plus chaque minute compte.
Christian Chardon