L’association Lave prête à monter au créneau
Une poignée de passionnés du volcan parmi lesquels le botaniste Roger Lavergne s’apprête à porter sur les fonds baptismaux l’association Lave (Liberté d’accès au volcan en éruption). Objectif : obtenir dans les meilleurs délais l’accès au site 24 heures sur 24.
La timide avancée du préfet en matière d’accès au site de l’éruption actuellement en cours est loin de satisfaire les passionnés du volcan. “Une véritable porte de prison obture le Pas de Bellecombe, dénonce le botaniste bien connu Roger Lavergne. Si vous vous hasardez à l’escalader, vous risquez de vous retrouver au poste de gendarmerie de la Plaine-des-Cafres et d’être condamné à payer 60 euros d’amende.” Avec quelques autres Roger Lavergne prend l’initiative de contre attaquer. “Un recours auprès du tribunal administratif a été déposé, indique le botaniste. Des juristes ont noté plusieurs vices de forme concernant les arrêtés préfectoraux. Il est temps de relever la tête. Nous avons depuis trop longtemps été frustrés et bâillonnés pour qu’enfin aujourd’hui nous soyons des milliers et des milliers à rouspéter, à prendre le pouvoir de la parole, à nous révolter contre des décisions entachées d’absurdité. En effet en 30 ans, notre volcan en activité n’a connu - me semble-t-il-qu’une seule jeune victime imprudente qui s’est écartée de la zone sécurisée. Alors que l’océan a de grandes dents, pourquoi ne pas aussi interdire les sports nautiques quand squales et accidents mortels défraient la chronique ? Le risque zéro n’existe pas. Alors, pourquoi s’inscrire dans un absolu aux courtes vues ?” Parallèlement, Roger Lavergne et d’autres passionnés du Piton de la Fournaise vont créer l’association Lave (Liberté d’accès au volcan en éruption) avec comme objectif d’obtenir dans un délai raisonnable après le début d’une éruption l’accès libre à l’enclos 24 heures sur 24. “Une excursion volcanique terminée à 18 heures, avant la tombée de la nuit n’a pas beaucoup de sens, argumente le botaniste. Si Maurice Kraft était encore là, il nous redirait que si on l’avait empêché d’assister au spectacle gratuit d’une nature généreuse et déchaînée, jamais il ne serait devenu volcanologue.”
A.D.