Le piton de la Paix

Le piton de la Paix, vu de l’amont, possède la forme d’un cône quasi parfait. “Bien formé, fermé, assez pointu”, son cratère abrite “un lac de lave très agité par des grosses bulles, mais seules quelques rares projections dépassent son sommet”, indique le dernier bulletin en provenance de l’observatoire du piton de la Fournaise. Le dégazage “assez fort” déjà décrit mercredi, que l’on pouvait voir et sentir à la hauteur du piton Lacroix, avant même d’arriver à la plaine des Sables, se poursuivait hier. Un survol a confirmé l’absence de coulées visibles alors que l’éruption se poursuit bel et bien. En raison du trémor constant et de l’activité de lac de lave, les scientifiques sont donc enclins à penser que la lave s’accumule hors de vue, sous les coulées qui se sont mises en place au cours des deux premières semaines d’éruption en formant une sorte de bouclier truffé de cavités.
Selon l’observatoire, il est probable que la lave va “tôt ou tard resurgir”. Un tel phénomène avait déjà été observé au cours de l’éruption du piton Kapor (1998) et surtout au cours de l’éruption de février 2005 : un flot impétueux jailli comme de nulle part avait alors en quelques heures parcouru une distance considérable. Néanmoins, dans le cas de l’éruption en cours, la déclivité relativement faible dans le fond de l’enclos devrait limiter l’ampleur d’un tel événement ... et la plate-forme d’observation au sommet du volcan devrait être épargnée.