La tentation serait forte de commander le spectacle du 14 juillet au volcan. Mais rien
dans la météo, à ne pas mettre un volcanologue dehors, n’y incite actuellement. Le piton
de la Fournaise, prêt désormais de toute façon à entrer en éruption à tout instant, se
moque un peu de ces considérations.
Un temps épouvantable sévit depuis plusieurs jours sur le massif du volcan. Vent,
pluie, et par voie de conséquence froid glacial ont de quoi décourager toute velléité
de sortie. Seule une méritoire équipe de l’université conduit actuellement une fastidieuse
mission de terrain prévue de longue date et qu’il était impossible de reporter. Avec
peut-être la chance d’être le témoin privilégié de l’éruption attendue ? Dans son bulletin
d’hier, l’observatoire volcanologique confirme ce qu’il indiquait il y a dix jours déjà,
le temps jouant évidemment en faveur du rapprochement de l’échéance. Depuis ces derniers
jours, la sismicité s’est bien établie à 60-80 séismes quotidiens, avec surtout deux
gros séismes de magnitude 2,4 et 2,3 les 6 et 11 juillet. Par ailleurs, les extensomètres
chargés de surveiller des fissures témoins indiquent toujours leur ouverture continue, à
l’image d’un gâteau dont la croûte se craquelle à la cuisson en gonflant. Le phénomène
s’est lui aussi accéléré récemment. “ Tous ces signes, note l’observatoire volcanologique,
nous indiquent qu’une éruption peut se produire à chaque instant, mais ne justifient pas
pour l’instant l’alerte 1 éruption imminente “. Il faut savoir en effet que l’éruption
est déclarée “ imminente “ seulement à partir du moment où le réseau de surveillance
détecte une “ crise intrusive “, c’est-à-dire une montée de magma accompagnée d’une crise
sismique et de déformations de la zone sommitale suffisamment claires pour déclencher
l’alerte 1 qui entraîne la fermeture voire l’évacuation de l’enclos si nécessaire. On
n’en était donc pas là hier tout en sachant que la Fournaise peut se réveiller à toute
heure du jour ou de la nuit.