Avec 350 000 visiteurs chaque année, le piton de
la Fournaise est l’attraction numéro un à la Réunion. Maîtriser la pression touristique
est l’esprit du projet de schéma d’interprétation et d’aménagement du massif du Piton
de la Fournaise élaboré par l’Office national des forêts. Une opération de grande
ampleur, associant de nombreux partenaires privés et publics qui doit attend un accord
sur sa mise en œuvre, ses financements, ses échéances...
C’est l’attraction numéro un. A la Réunion, le site du volcan est quasi incontournable
avec un taux de visite de 62 % (devant Cilaos 54 % et le marché de Saint-Paul 51 %)
selon le comité du tourisme - sur un total de 432000 visiteurs selon les sources de l'INSEE 2003.
Valoriser ce site et sa route d’accès, soumis à la
pression touristique, maîtriser son développement, répondre à de nouvelles attentes des
publics, faire du tourisme de nature un axe de développement sont les objectifs du
projet de schéma d’interprétation et d’aménagement du massif du Piton de La Fournaise.
Tout un programme.
Donner du sens aux visites, éveiller la curiosité...
Le comité de pilotage de cette opération écotouristique de grande ampleur se réunit,
cet après-midi, à partir de 14 h, à la salle multimédia de Sainte-Rose. Une réunion
coprésidée par la Région et le Département, avec une animation technique assurée par
l’ONF, l’incontournable Office national des forêts. Ce rendez-vous de travail est peut-être
le dernier du comité de pilotage, si ses membres parviennent (partenaires institutionnels,
privés, publics) à se mettre d’accord, après débat, sur de nombreux points du dossier :
sa mise en œuvre, ses financements, ses échéances... Ce schéma d’interprétation et
d’aménagement du massif du piton de La Fournaise repose sur l’interprétation. Un nom un
peu barbare, un concept, développé par les Américains lors de l’émergence des premiers
parcs nationaux. Il s’agit plus concrètement d’inviter les visiteurs à comprendre le
territoire et son patrimoine par une approché émotionnelle, une mise en scène des
différents sites au travers de scénarios de découverte. En bref, donner du sens aux
visites, éveiller la curiosité... Dans ce schéma d’interprétation, il est envisagé de
nombreuses actions et aménagements, avec une signalétique commune, des publications
pratiques et thématiques, des visites commentées (accompagnateurs de montagne, guides
pays) des tables et des kiosques d’interprétation, des fiches randos, des sentiers, des
expositions... Ce projet se décline autour de différentes thématiques et territoires :
- le volcanisme ancien à la plaine des Cafres (Maison du volcan avec fonctionnalité
élargie, écomusée à Grand-Bassin ou Roche-Plate) ;
- le volcanisme actif littoral de la route des laves pour revivre le spectacle des
coulées de la Vierge au parasol et des coulées de 1976, 1998, 2004, 2005 entre autres ;
- le volcan et la mer à Sainte-Rose et sa région pour découvrir la beauté sauvage du
littoral et deviner le volcan sous-marin ;
- le volcan et l’eau à Saint-Joseph et les grandes vallées (écomusée au hameau de
Roche-Plate) ;
- le volcan et la forêt à Saint-Philippe et sa région pour la découverte des milieux végétaux
hors de l’enclos
Il est projeté aussi les thèmes suivants :
- le volcan et l’histoire à Saint-Pierre et sa région, pour percevoir les signatures
volcaniques du paysage et les usages liés au volcan, comprendre aussi les étapes du
peuplement ;
- le volcan et l’agriculture dans les hauts du sud du volcan pour la connaissance
des paysages agricoles, des sols volcaniques devenus terres nourricières ;
- le volcan et le pays créole, une société ayant adopté le volcan comme lieu de vie à
la Plaine-des-Palmistes, Sainte-Anne, Sainte-Rose et Bois-Blanc.
- le volcanisme actif sur la route du volcan avec un itinéraire routier qui “remonte”
le temps vers les origines de la terre (500 000 ans au départ de la route, 60 000 ans au
belvédère du pas des sables, l’an zéro dans l’enclos...) avec de nouveaux belvédères, des
restaurations paysagères. Des navettes pour personnes à mobilité réduite sont aussi
envisagées. Si le comité de pilotage, réuni aujourd’hui à Sainte-Rose, parvient à
s’entendre sur un accord final, cette action écotouristique pourrait être lancée dès
cette année.