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ARTICLE DU 2/03/2005

La formation d’un cratère d’effondrement est possible


Depuis la fin de l’éruption, la sismicité demeure importante sous le Dolomieu, le plus grand des deux cratères sommitaux du piton de la Fournaise. Les volcanologues évoquent l’hypothèse “de plus en plus probable” de la formation d’un cratère d’effondrement avec des risques de projections de cendres et de roches (photo Frédéric Laï-Yu)

Depuis la fin de l’éruption, la sismicité demeure importante sous le Dolomieu, le plus grand des deux cratères sommitaux du piton de la Fournaise. Les volcanologues évoquent l’hypothèse “de plus en plus probable” de la formation d’un cratère d’effondrement avec des risques de projections de cendres et de roches (photo Frédéric Laï-Yu)
Des centaines de séismes dans la journée de lundi sous le Dolomieu, un séisme quasiment toutes les minutes hier, l’hypothèse de la formation d’un cratère d’effondrement dans le Dolomieu est plus que jamais d’actualité pour les volcanologues.

Après la phase très spectaculaire des coulées à la mer de vendredi et samedi soir dernier, le piton de la Fournaise réserve peut-être une autre surprise aux volcanologues. A l’observatoire de la Plaine-des-Cafres, ils n’ont pas baissé la garde. En effet, même si depuis samedi soir 22 h, le tremor est descendu en chute libre marquant la fin de l’éruption, au sommet la sismicité est toujours soutenue. “Nous avons enregistré lundi plusieurs centaines de séismes sous le Dolomieu de faible et moyenne intensité et à faible profondeur sous la surface”, indiquait hier matin Thomas Staudacher, directeur de l’Observatoire volcanologique. Pour ce dernier, l’hypothèse de la formation d’un cratère d’effondrement (pit-cratère) est “de plus en plus probable”. “Les phénomènes qui peuvent accompagner cette formation du cratère d’effondrement ne peuvent être prévues”, souligne Thomas Staudacher. Hier après-midi, Philippe Kowalski, directeur technique de l’observatoire, mentionnait “une activité sismique toujours très soutenue avec un séisme en moyenne toutes les minutes”. Aucune reconnaissance n’a pu être menée au sommet du piton de la Fournaise en raison des risques encourus. “Si en décembre 2002, la formation d’un pit-cratère n’a pas été accompagnée par des projections de roches, en revanche lors de la formation du pit-cratère en 1986, le sommet a été recouvert de cendres et des projections de roches sur un diamètre d’environ 1 km ont été constatées”, rappelle Thomas Staudacher. Un tel scénario n’est pas à exclure. Pour cette raison, l’enclos demeure interdit au public.

Alain Dupuis