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ARTICLE DU 1/03/2005

Pas de travaux avant un mois sur la route

Ce n’est pas avant un mois que la DDE pourra se mettre au travail pour rétablir la circulation. (Photo Richel Ponapin)
Ce n’est pas avant un mois que la DDE pourra se mettre au travail pour rétablir la circulation.
(Photo Richel Ponapin)

La liaison entre Bois Blanc et Saint-Philippe par le Grand Brûlé ne sera pas rétablie de si tôt. Il faudra attendre que les coulées refroidissent pour entreprendre des travaux. La Direction départementale de l’équipement n’envisage pas de difficultés particulières pour rétablir la circulation dès que les engins pourront se mettre au travail.

Hier matin des spécialistes du BRGM sont allés inspecter la falaise au dessus des rampes de Bois Blanc. “Il s’agissait d’évaluer les risques d’incendie dans la végétation et de voir dans quelle mesure ils pouvaient représenter un danger pour le public avec la possibilité de chutes de pierres”, indique Loïc Lahaye, responsable de la Direction départementale de l’équipement à la division de Saint-Benoît. S’agissant du rétablissement de la circulation, il faudra prendre son mal en patience. La DDE a effectué hier des reconnaissances en hélicoptère au pied des rampes de Bois Blanc et un peu plus loin dans le Grand Brulé où la route a également été coupée vendredi soir. “Comme lors des précédentes coupures, rappelle Loïc Lahaye, nous ne pourrons nous mettre au travail que lorsque les coulées se seront suffisamment refroidies. Cela devrait demander environ un mois, peut-être un peu moins si des pluies abondantes accélèrent le phénomène de refroidissement”. Le responsable de la DDE ne s’attend pas par la suite à des difficultés particulières même dans les rampes de Bois Blanc. “Il y a un ouvrage hydraulique à reprendre, explique-t-il. Pour le reste, nous sommes en présence de grattons qui se travaillent bien. Nous referons un tracé dessus. Il y aura sans doute des points à combler mais nous ne devrions pas rencontrer de gros écueils techniques”. Pour la portion coupée entre la coulée de 1998 et l’ancienne décharge, l’ancien tracé devrait être repris mais pas trop encaissé afin de préserver la vue sur les coulées et le massif du Piton de la Fournaise.

• Le dispositif de sécurité levé
La préfecture a levé à 18h hier le dispositif de sécurité mis en place de part et d’autre des coulées. Une surveillance est néanmoins maintenue par des patrouilles de la gendarmerie tant du côté Sainte-Rose que du côté Saint-Philippe. Des panneaux d’interdiction ont été disposés à une distance de 200 m de chacune des coulées. La circulation des véhicules côté Sainte-Rose est interdite à hauteur du départ du sentier de la Cage aux Lions.


• Il habite à Saint-André et travaille à Saint-Philippe “La coulée, mon cauchemar”
Jean-Dany Soucromoni aime bien le volcan. A l’instar de nombreux réunionnais, le Piton, c’est un peu sa fierté. Un peu seulement. “Les coulées de lave ne me dérangent pas, tant qu’elle n’atteignent pas la route. Parce que là, ça ne m’arrange plus du tout.” Et pour cause. Ce Saint-Andréen, qui travaille à Saint-Philippe accumule les kilomètres depuis le week-end dernier. “Habituellement, lorsque je passe par Sainte-Rose, je mets une heure pour me rendre sur mon lieu de travail.” Mais depuis que la route est barrée, coupée par cette maudite coulée, il faut multiplier ce chiffre par deux. Punition supplémentaire, ce chef cuisinier employé au collège Bory Saint-Vincent, commence ses journées particulièrement tôt. A 6 heures. “Ce matin (hier), j’ai du partir de chez moi vers 4 heures, explique-t-il. Je vois le jour poindre seulement lorsque je descends du Tampon. Alors pendant tout le trajet, j’écoute la radio pour ne pas m’endormir.” Le soir, avec la fatigue de la journée, l’épreuve se corse encore avec les embouteillages, et les sorties d’école. Alors Jean-Dany n’a qu’une hâte : que la DDE puisse remettre en état la route le plus rapidement possible. Parce qu’à cette allure, il risque d’épuiser encore un peu plus vite sa R19 déjà “poussive”, dit-il. “Et je n’ai pas prévu d’acheter une nouvelle voiture dans l’immédiat.”