Le cratère Dolomieu reste secoué de mille feux

Peu après 22 heures, le trémor éruptif s’était brusquement effondré et n’a pas connu de regain d’activité depuis. Imperturbables, les laves ont continué leur longue descente vers l’océan samedi soir, puis se sont taries dans la nuit. Mais hier, l’éruption était bien arrêtée. Au pied des coulées, les visiteurs du dimanche contemplaient des masses de laves noires et encore fumantes, mais plus le déchaînement de samedi. Un petit bras de coulée a toutefois été aperçu hier matin au cours d’un survol aérien, au niveau du Trou de Sable, à environ 500 mètres d’altitude, au nord de l’enclos. Pourtant, l’activité sismique reste très intense sous le cratère Dolomieu.
“Un effondrement peut se produire à tout moment”
“Toute les minutes il se passe quelque chose”, explique Philippe Kowalski, directeur technique de l’Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise, qui reste très vigilant. “Nous observons tout changement de rythme de la sismicité, et nous avons préféré assurer jusqu’à lundi au moins une surveillance continue, 24h/24”, explique-t-on à l’Observatoire. La vidange de la chambre magmatique, délestée des masses de magma, pourrait en effet entraîner un effondrement du cratère Dolomieu. “Un effondrement peut se produire à tout moment”, souligne Philippe Kowalski. Si ce phénomène venait à se produire, il pourrait engendrer des explosions violentes, lors du contact entre le magma et les masses d’eau. Des éclats de roche pourraient alors être projetés à des centaines de mètres, et les cendres volcaniques encore beaucoup plus loin. Au siècle dernier, des bateaux croisant à plusieurs mille de Sainte-Rose, avaient été recouverts de ces cendres... L’effondrement partiel du cratère Bory a également été évoqué hier à travers certains médias, sans que l’Observatoire ait pu valider ou invalider ces informations. “Nous ne pouvons pas nous rendre actuellement sur le sommet, et le survol n’est pas recommandé en ce moment. Nous n’avons donc pas pu observer l’état du cratère”.