ARTICLE DU 27/02/2005
Chute brutale du trémor hier soir
Le trémor éruptif s’est brusquement effondré hier soir peu après 22 h. Indicateur du niveau de l’activité, sa valeur est alors retombée à un douzième de celle des heures
précédentes.
Quelques heures auparavant, il se maintenait pourtant à un niveau élevé, seulement un peu inférieur à celui du début de l’éruption, jeudi il y a dix jours. La sismicité
enregistrée sous le cratère Dolomieu restait importante (une vingtaine de
séismes par heure) ; en revanche, celle détectée dans la zone de
Bois-Blanc, fortement ressentie par les habitants dans la nuit de vendredi à
samedi, s’était très atténuée. Si le risque d’un effondrement à l’intérieur du
cratère Dolomieu demeure donc d’actualité, la menace d’une éruption hors enclos
semblait provisoirement levée hier soir. En effet, relève Thomas Staudacher,
directeur de l’observatoire, pour cela il faudrait une nouvelle crise comme
celle de vendredi, qui a accompagné l’ouverture d’une nouvelle fissure dans le
rempart de Bois-Blanc, vers 450 m d’altitude. Si cette nouvelle crise survient,
il faudra redouter ses conséquences, sachant que les fissures éruptives
s’ouvrent à des altitudes toujours de plus en plus basses : 1 600 m le 17
février, 1 200 m le 21, 450 m le 25. Or, les deux dernières se sont ouvertes
dans le rempart de l’enclos. Ce qui constitue un indice préoccupant dans une
telle perspective. A moins d’un « miracle » : en janvier 2002,
l’éruption, une fois arrivée à la mer, s’était totalement arrêtée en quelques
minutes alors que la coulée principale se répandait dans l’Océan. Mais hier soir
à minuit, aucune baisse particulière de l’activité n’était signalée.