Une nuit au PC
Les hommes sont prêts. La grande tente blanche est dressée et accueille plusieurs lits de camp. Une voiture de gendarmerie bloque la route, les militaires filtrent le passage qui mène au spectacle. Les autorités présentes font régulièrement des points sur la situation. Le ciel est menaçant. Le rempart qui délimite l’enclos se découpe sur un fond rouge. Les yeux se lèvent régulièrement vers l’objet d’émerveillement. Quelques habitants tenaces, qui n’ont pu passer le barrage, scrutent le ciel. Vers 1h15, un hélicoptère se pose. Le préfet vient de faire une reconnaissance. Un point est effectué dans le camion qui fait office de salle de commandement. Une table, une carte. Les doigts glissent sur le papier pour signifier le trajet de la lave. “La situation est maîtrisée” conclut Dominique Vian après une brève discussion. Le scientifique Thomas Staubacher arrive peu de temps après. Il revient du “front” avec des nouvelles fraîches. Il partage son savoir avec les officiels. La lave coule sous le rempart et menace de rejaillir du côté de Bois Blanc à n’importe quel moment. Il est visiblement le seul à pouvoir envisager les suites du périple de la lave. Une équipe des FAZOI arrive sur place. Les hommes doivent relayer l’autre équipe en poste au Piton Moka. Leur mission : surveiller visuellement le flanc extérieur de l’enclos. Au moindre point rouge, ils doivent donner l’alerte pour une éventuelle évacuation. Vers 2h30 du matin, les officiels commencent à se disperser. Les habitants ont rejoint leur case. La vigie est en place. La nuit s’annonce calme et le sommeil gagne les esprits. Vers trois heures, le barrage routier est enfin levé. Les quelques voitures peuvent aller et venir jusqu’à un kilomètre avant la Vierge au Parasol. Thomas Staubacher s’endort dans sa voiture. Le sous-prefet lui a promis un survol vers 8 heures afin de faire un point de la situation. Quelques camions de secours ont déserté. Des sapeurs-pompiers éveillés promettent : “Le gros des troupes, c’est pour demain. Quand la lave aura traversé et qu’il faudra contenir la foule.”
F.S.