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ARTICLE DU 26/02/2005

Un séisme de magnitude 3,1 secoue le piton de la Fournaise



Que se passe-t-il dans les entrailles du volcan ? Hier soir, l’observatoire volcanologique enregistrait entre 30 et 50 séismes par heure après un séisme d’une magnitude exceptionnelle de 3,1 survenu au cours de la nuit de jeudi à vendredi. Ces derniers jours, le trémor éruptif a augmenté. Un grand spectacle, visible depuis la route nationale 2, au pied du volcan. Mais il y a aussi ces séismes enregistrés par l’observatoire volcanologique, dont le nombre et l’intensité n’ont cessé d’augmenter. Le bilan dressé hier en début de soirée faisait état de 30 à 50 séismes par heure contre une quinzaine le matin. Mais il y a surtout ce séisme de magnitude 3,1 de la nuit de jeudi à vendredi, qui a réveillé les responsables du gîte du pas de Bellecombe ! Pour les scientifiques de l’observatoire, cette sismicité liée à une éruption latérale (à près de 4 kilomètres du sommet), pourrait plus que jamais déboucher sur la formation d’un cratère d’effondrement (« pit crater », voir notre édition d’hier). Un phénomène dû à un réaménagement interne du sommet du volcan vidé de sa lave et dont on sait qu’il peut être accompagné de projections de blocs rocheux et de cendres provoquées par la mise en contact d’eaux infiltrées ou de nappes phréatiques avec des roches surchauffées voire du magma. Ce qui s’était produit à la fin de l’éruption de 1986. Toutefois, à l’issue de l’éruption de novembre 2003, les milliers de séismes enregistrés chaque jour n’avaient pas débouché sur un scénario aussi potentiellement dangereux.

F.M.-A.


L’enclos est toujours interdit au public.

Le séisme a réveillé le gîte
Jeudi, 23 h 50. Myris et Giovanni Picard sont brusquement tirés de leur sommeil, le plancher de leur chambre vient de trembler brutalement. Et il y a ce gros bruit impossible à définir. Rien n’a bougé pourtant. Ils auront du mal à se rendormir après cette alerte et ce n’est qu’au matin qu’ils apprendront le séisme par l’observatoire. Les clients, dans les gîtes en bas, n’ont rien entendu ni ressenti ! Jacques Picard, gardien du gîte jusqu’en 2000, se souvient pour sa part avoir ressenti un séisme de ce type annonciateur de l’éruption de mars 1998, qui avait fait trembler tout le gîte.