Retour...
ARTICLE DU 24/02/2005

Après avoir semblé s’éteindre de sa belle mort, l’éruption a repris.



Les coulées reprennent leur descente


L’éruption qui a débuté il y a une semaine aujourd’hui est entrée dans une nouvelle phase mardi. Le trémor a encore légèrement augmenté. La lave est à nouveau visible depuis la route nationale 2 et s’écoulait hier dans la journée dans les dernières pentes qui surplombent la forêt du Grand-Brûlé. Mais la route nationale 2 est loin, très loin, à près de 4 kilomètres.

Après avoir semblé s’éteindre de sa belle mort, l’éruption a repris. Dès lundi soir, des habitants du Tremblet avaient vu des lueurs dans le ciel de l’enclos alors que le piton de la Fournaise s’était mis en veilleuse, éteignant ses feux dès samedi. De fait, l’observatoire a constaté une petite augmentation du trémor éruptif. Et cette tendance se confirme au fil des jours, pour la plus grande joie des spectateurs sans aucun doute. Pourtant, certains signes occupent l’attention des scientifiques dans leur mission de surveillance. Une légère sismicité est toujours enregistrée par le réseau d’instruments qui auscultent le volcan. Trois (de faible magnitude, 0,5) mardi et hier encore. Et il y a l’ouverture de cette nouvelle fissure à la base même du rempart de Bois-Blanc, à la limite de l’enclos, à 1 200 m d’altitude, au lendemain du week-end. Pour ces raisons, le risque d’une phase d’activité ultérieure comme l’ouverture de nouvelles fissures dans le prolongement des précédentes, mais hors enclos cette fois, au-dessus de zones habitées, ne peut être écarté. Si aucun élément ne vient appuyer cette hypothèse pour l’instant, les scientifiques de l’observatoire, qui gardent en mémoire les éruptions hors enclos de 1977 et 1986, préfèrent voir large.

F.M.-A.






Enclos ouvert au public Mieux vaut le répéter, l’enclos du volcan est ouvert au public depuis hier. Seul l’itinéraire balisé classique vers le sommet (sentier du tour des cratères) est autorisé.

D’où voir l’éruption
- Les coulées sont à nouveau visibles de la route nationale 2 depuis mardi soir, en fonction du niveau d’activité et du plafond nuageux évidemment.
- Le Nez coupé de Sainte-Rose (4 h de marche aller-retour) depuis le pas de Bellecombe, point de vue méconnu, vaut largement le déplacement. S’équiper comme pour une randonnée en montagne. Un ciel parfaitement dégagé est nécessaire, sinon aucune vue sur les Grandes pentes, lieu de l’éruption. Jumelles conseillées.


L’observatoire veut survoler la zone hors enclos avec une caméra infrarouge
Après avoir recommandé aux autorités de surveiller visuellement les hauts de Bois-Blanc et de Piton Sainte-Rose, les scientifiques de l’observatoire volcanologique souhaitent désormais réaliser un survol de l’éruption et de la zone hors enclos avec une caméra infrarouge pour détecter d’éventuels “points chauds” : les signes précurseurs d’une éruption hors enclos, s’il doit s’en produire une, pourraient être déjà là. Une fissure s’est peut-être déjà propagée “silencieusement” au-delà du rempart, comme en 1998, pleine de magma. Dans un tel cas, le dégagement de chaleur ou de vapeur surchauffée, selon la profondeur, pourrait être détecté à l’aide de la caméra thermique dont s’est équipé l’observatoire il y a quelques années.