Le volcan à nouveau en
ébullition

Du coup, l’équipe de l’observatoire qui a survolé le site hier matin a prolongé ses investigations dans la zone hors enclos située dans l’axe de cette fissure afin d’y déceler d’éventuelles traces d’activité, ce qui n’a pas été le cas. Mais les conditions météo n’ont pas permis de pousser les recherches très loin. Aussi indiquaient hier les scientifiques dans leur bulletin de l’après-midi envoyé aux autorités, “il est par conséquent important de surveiller les hauts de Bois-Blanc et de Piton Sainte-Rose visuellement de la côte”. On ne disposait hier soir d’aucune information sur la progression des coulées, qui se cantonnaient encore hier en milieu de journée à la plaine des Osmondes. Cependant, selon le témoignage d’un couple du Tremblet, qui s’est rendu hier soir à la Vierge au Parasol, les coulées étaient bien visibles depuis la route nationale 2 où ils se trouvaient postés et elles leur semblaient avoir atteint une altitude assez basse. Selon leur estimation, elles pouvaient avoir basculé dans les dernières pentes au-dessus du Grand-Brûlé. Mais on sait combien il est difficile d’apprécier la situation de nuit, sans repères. C’est au cours de la nuit de lundi à mardi que le trémor éruptif, au plus bas depuis dimanche, corroborant l’absence d’activité visible dès samedi, s’est mis à croître. Mais il restait hier soir encore très inférieur à ce qu’il était au début de l’éruption selon l’observatoire. On peut penser que la sortie de lave actuelle sert en quelque sorte de soupape de sûreté et permet de contenir l’extension des fissures éruptives hors enclos que l’on est toujours en droit de redouter. “S’il devait y avoir une activité de type 1977 les coulées hors enclos de Piton Sainte-Rose le trémor devrait augmenter significativement”, indique son directeur, Thomas Staudacher. Or cela n’était pas le cas hier soir.
François Martel-Asselin

L’enclos rouvre ce matin Comme en janvier 2002 Comment voir l’éruption
Voilà au moins une bonne
nouvelle : fermé depuis jeudi dernier, dès l’annonce de l’imminence d’une
éruption, l’enclos rouvre ce matin au public, à partir de 6 h. Toutefois,
l’accès est limité au seul itinéraire balisé, qui conduit au sommet des cratères
et en fait le tour. L’éloignement de la zone éruptive par rapport au sentier
touristique officiel semblait bien justifier une telle mesure, attendue
vainement lors de la dernière éruption d’août 2004 encore.
Après quelques jours
d’activité, l’éruption du 5 janvier 2002, au pied du Nez coupé de Sainte-Rose,
avait décliné, seul un faible trémor se manifestant encore. Le 12 janvier au
soir, une fissure s’ouvrait à 1 050 d’altitude au pied du rempart de Bois-Blanc,
dans la plaine des Osmondes. En jaillissait un torrent de lave très fluide qui
dès le surlendemain, coupait la route nationale 2 et se jetait à la mer le même
jour. Les scientifiques de l’observatoire avaient qualifié cette phase
d’activité d’“éruption hors enclos dans l’enclos” : la lave provenait d’une
fissure s’enfonçant profondément dans le rempart en direction du nord. Ils
pensent que si la fissure s’était prolongée un peu plus, la lave serait sortie
hors enclos, dans les hauts du village de Bois-Blanc qui l’a échappé
belle !
L’éruption n’est pas
visible du pas de Bellecombe. En revanche, du parking, en 4 heures de marche
aller-retour, on peut accéder au Nez coupé de Sainte-Rose, qui offre, par temps
dégagé, un beau panorama sur les Grandes pentes, théâtre de l’éruption. Le
sentier (300 m de dénivelé positif au retour) est en bon état. Si l’absence de
projections au cratère rend la vue moins spectaculaire, vous verrez, en dominant
toute la plaine des Osmondes et selon le niveau de l’activité, les coulées. Les
coulées sont visibles également depuis la route nationale 2, en fonction de
l’activité toujours. Rien n’est garanti !
