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ARTICLE DU 22/02/2005
L’état du piton de la Fournaise restait hier soir stationnaire. L’observatoire volcanologique enregistrait toujours un très faible trémor indiquant que l’éruption n’est pas totalement terminée. Mais les scientifiques surveillent une éventuelle reprise de l’activité.

Le volcan sous surveillance

Entré en éruption jeudi soir vers 20 h 35, le piton de la Fournaise n’a guère offert plus de trente-six heures de spectacle. Dès samedi matin, ses coulées étaient taries et seules quelques projections étaient encore visibles au niveau de la fissure éruptive, à 1 500 mètres d’altitude. Depuis, l’observatoire volcanologique a assisté à la baisse continue du trémor, avec quelques hauts et bas, liés peut-être à des phénomènes de dégazage. Cependant, d’autres signes d’activité demeurent. D’abord des séismes localisés à l’aplomb du sommet, plusieurs dizaines hier encore, mais qualifiés de très modérés. Et aussi des séismes dits “longue période”, généralement associés à des mouvements de magma, qu’il est difficile de localiser et d’apprécier car trop diffus. “Il y a du magma qui circule dans le massif”, explique Thomas Staudacher, directeur de l’observatoire. “Et on peut penser qu’après une éruption assez brève comme celle-ci, il peut se passer autre chose, poursuit-il. Or, vu les fissures, cela pourrait être en dehors de l’enclos.” Deux fissures éruptives se sont ouvertes jeudi soir : la plus importante en contrebas du Nez coupé de Sainte-Rose, à 1 500 m d’altitude, et une seconde à 1 200 m d’altitude, tout près du rempart de Bois-Blanc, globalement orientées nord-nord-est.

Le risque toujours présent d’une éruption hors enclos

Du magma s’est infiltré dans le secteur nord-est de l’enclos, en provenance de la zone centrale du volcan, au cours de la crise sismique de trois heures qui a précédé l’éruption. Il est bien évidemment impossible de savoir si la fissure se prolonge, souterraine, au-delà du point d’éruption, et encore plus de prédire si elle pourrait éventuellement se réactiver. C’est à un événement de ce type que l’observatoire volcanologique avait pourtant assisté au cours de l’éruption de 1998 : au mois d’août, alors que le piton Kapor crachait tous ses feux, la terre s’est ouverte en dehors de l’enclos, loin dans les hauts du village de Bois-Blanc, émettant des coulées qui heureusement n’ont pas menacé les zones habitées. La fissure éruptive s’était réactivée sans crier gare, se prolongeant loin vers le nord-est, au-delà de l’enceinte naturelle du piton de la Fournaise qui contient habituellement ses coulées. Cependant, modère Thomas Staudacher, cette fois, si cela devait se produire, “on a la chance que le trémor est presque inexistant, donc on verrait” : en 1998 en effet, le trémor de l’éruption avait masqué la faible sismicité associée à l’ouverture de la fissure hors enclos, très peu d’énergie ayant été nécessaire au magma pour progresser. La surprise en avait été d’autant plus grande. C’est un pilote d’hélicoptère qui avait donné l’alerte en observant des coulées là où il n’y aurait jamais dû “normalement” en avoir...