Le volcan cherche sa voie

La situation n’a pas évolué : le trémor éruptif restait constant, presque à son plus haut niveau, hier soir. La sismicité enregistrée depuis dimanche sous le sommet reste importante, avec encore 130 séismes lundi et vraisemblablement beaucoup plus hier, selon une rapide estimation, avec des événements atteignant la magnitude assez élevée pour notre volcan de 2 à 2,5. Mais les coulées n’ont pas poursuivi leur progression vers le littoral pour autant. Aucune nouvelle vague n’est venue marcher sur les traces de celles qui, lundi après-midi, ont franchi le dernier ressaut surplombant le Grand-Brûlé et se sont arrêtées à moins de 3 kilomètres de la RN 2. Les scientifiques avouent leurs incertitudes sur l’évolution de l’activité. La sismicité sous le sommet laisse toujours envisager l’hypothèse d’un effondrement interne au cratère Dolomieu, fragilisé par le phénomène de vidange lié aux éruptions successives. Le trémor éruptif élevé, mais désormais stabilisé, ne constitue plus dans l’immédiat une source de préoccupation aussi importante que ces jours derniers. La crainte d’une propagation au-delà du rempart de l’enclos de la fissure qui alimente l’éruption en cours a moins raison d’être, selon Valérie Ferrazzini, sismologue à l’observatoire. Le dégazage du magma au niveau de l’évent éruptif (visible au volumineux panache qui le surmonte) le prive d’une bonne partie de son énergie (ce sont les gaz qui en se décompressant lors de la montée vers la surface assurent sa progression). Ce qui permet d’espérer qu’il ne continue pas à se propager de manière souterraine. Au demeurant, note la scientifique, une sortie hors enclos dans les conditions d’activité actuelle pourrait être d’impact limité. Elle cite l’exemple de l’éruption de mars 1998 (piton Kapor), au cours de laquelle un magma très dégazé était sorti de terre hors enclos, sans prévenir mais paisiblement, au mois d’août, loin dans les hauts de Bois-Blanc. Les coulées n’avaient finalement pas inquiété le village et s’étaient taries d’elles-mêmes.
F.M.-A.
Un important panache de vapeur et de gaz au-dessus du site de
l’éruption, c’est tout ce qu’on a vu hier (photo F.M.-A).

L’ONF aux petits soins : Ilya Risovics, agent patrimonial de Bois-Blanc, a déployé
sa lunette pour le plus grand bonheur d’une visiteuse (photos A.M.).