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ARTICLE DU 01/01/2006

L’activité stabilisée

Devenue nettement moins spectaculaire, l’éruption qui a débuté lundi se poursuivait néanmoins hier soir. L’observatoire volcanologique n’enregistre plus de séismes sous le sommet. Le piton de la Fournaise a peut-être trouvé son rythme.

Les scientifiques sont allés aux nouvelles sur le terrain hier après-midi. Ils ont pu procéder à des prélèvements d’échantillons de lave, comme ils tentent de le faire le plus souvent possible, afin de suivre l’évolution du magma d’une éruption sur l’autre, voire au cours d’une même éruption. Il ne faut pas oublier en effet qu’ils sont avant tout des chercheurs dont les travaux visent à une meilleure connaissance du fonctionnement du piton de la Fournaise... même si les progrès accomplis visent finalement à la meilleure surveillance du volcan. Après la nette baisse d’activité enregistrée il y a quarante-huit heures, l’observatoire a bien noté, hier matin, une très légère augmentation, mais son niveau reste sans commune mesure avec celui des deux premières vingt-quatre heures de la phase éruptive qui a pour théâtre les Grandes pentes du volcan, après celle, très brève, du haut de l’enclos, lundi après-midi. Les scientifiques n’ont pu observer que des projections sporadiques, bien qu’une coulée toujours soutenue sorte encore de la fissure qui a entaillé le rempart de Bois-Blanc, vers 1500 m d’altitude, lundi soir. Les laves s’écoulent dans la plaine des Osmondes, circulant parfois en tunnel, mais elle ne la dépassent pas. Aucune coulée n’était visible plus bas : de la route nationale 2, on n’apercevait que quelques fumées correspondant à de la végétation finissant de brûler en lisière des coulées arrivées à un peu plus de deux kilomètres de la route nationale 2 dans le Grand-Brûlé. Finalement, c’est depuis le Nez coupé de Sainte-Rose seulement qu’on peut jouir encore du spectacle.

Alain Dupuis François Martel-Asselin

Sous haute surveillance

Les grands moyens ont été mis en œuvre, hier en fin d’après-midi, pour intercepter huit “randonneurs” surpris depuis le rempart en train de se diriger vers le site de l’éruption, situé dans un lieu particulièrement difficile d’accès, hors de tout itinéraire balisé. L’hélicoptère de la section aérienne, des gendarmes issus notamment du peloton de haute montagne (PGHM) ont été mobilisés et déposés dans l’enclos pour les ramener (à pied...) vers le pas de Bellecombe, chose faite à la nuit tombée, avant les formalités de rigueur à la brigade de la Plaine-des-Cafres et une convocation annoncée. Des randonneurs “inconscients” comme on a coutume de dire ? Pas exactement : en fait, tous des familiers de longue date du piton de la Fournaise et des ses éruptions, parfaitement équipés, qui ont bien volontiers reconnu leur tort (sauf un, titulaire d’une autorisation en bonne et due forme) d’avoir pénétré dans la zone interdite par l’arrêté préfectoral de lundi dernier avec l’entrée en vigueur de l’alerte 2 (“éruption en cours”) du plan de secours spécialisé volcan. Dans les rangs de ces visiteurs, on trouve - entre autres - un botaniste rattaché à une prestigieuse institution locale, un accompagnateur en montagne, un photographe, un cinéaste qui se consacrent professionnellement ou par passion au volcan. En tout cas, uniquement des marcheurs rompus aux mystères du piton de la Fournaise et informés des derniers développements de l’activité en cours, afin d’éviter toute mauvaise surprise, autant que faire se peut, précisent-ils. Leur pratique du volcan dépasse sans doute ce que le commun des randonneurs n’oserait même pas imaginer. Rien à voir, donc, avec les visiteurs approchant les coulées (désormais interdites) du Grand-Brûlé et survolés jeudi matin par le préfet effaré ou les marcheurs dépourvus du minimum d’équipement se dirigeant impunément, avec des enfants parfois, vers le Nez coupé de Sainte-Rose vers lesquels, précisément, il vaudrait mieux se tourner si l’on souhaite agir pour l’exemple, dans un souci de responsabilisation du public.