Le préfet au chevet du volcan

Inauguré il y à peine quelques semaines avec, en guise de tests, une simulation de cyclone et un exercice de défense, le tout nouveau centre opérationnel de la préfecture a eu, grâce au volcan, l’occasion de gérer la première vraie “crise” de son histoire. Le préfet Laurent Cayrel a ainsi pu juger de l’efficacité de ce dispositif, permettant de regrouper confortablement, et avec toutes les technologies de communication nécessaires, les divers intervenants sollicités lors d’une éruption.
Autour de la table, Laurent Cayrel a pu écouter hier matin, pour la deuxième fois depuis le début de l’éruption, les comptes rendus des volcanologues, gendarmes, agents de l’ONF, pompiers, etc., convoqués au centre opérationnel. Cartes informatiques et photos des sites concernés à l’appui, chaque intervenant expose la situation sur le terrain, les difficultés rencontrées et les suggestions pour un meilleur fonctionnement. Le préfet, qui avait effectué dans la matinée un survol de la zone, confronte ses impressions aux avis des spécialistes. Ainsi, l’observatoire volcanologique a d’abord fait état d’une baisse d’intensité de l’éruption et de son optimisme concernant l’éventuelle sortie de coulée de lave en dehors de l’enclos. “Sauf évolution majeure, nous n’aurons pas à faire évacuer les habitations situées à proximité de l’enclos”, déclarait le préfet après coup. Le scénario a toutefois été envisagé depuis le centre opérationnel dès les premiers instants de l’éruption, avec la réactualisation des listes des personnes à évacuer.
C’est ensuite au représentant du groupement de gendarmerie de faire état des forces mobilisées pour sécuriser les abords du volcan à la RN 2 et au pas de Bellecombe. Le préfet, comme les gendarmes, désirant disposer d’un maximum d’effectifs en vue de la Saint Sylvestre, un renfort des Fazsoi est sollicité pour la gestion de la circulation et du stationnement sur la RN 2. Est en outre évoquée, avec le représentant de l’ONF, la gestion du public s’aventurant sur les sentiers, et plus particulièrement sur celui reliant le pas de Bellecombe au Nez coupé de Sainte-Rose. La plate-forme étant particulièrement étroite, et peu propice à l’accueil du public, le préfet demande à ce que soit scrupuleusement respecté le quota de 200 visiteurs sur ce site. Une photo illustre comment les gendarmes ont du mal à contenir la foule aux abords du sentiers. “La curiosité légitime des touristes et des Réunionnais est notre principal souci”, explique en substance le préfet, responsable en matière de sécurité. Puis c’est au tour des services vétérinaires d’évoquer une autre conséquence de l’éruption du volcan, qui a pu inquiéter certains éleveurs du sud de l’île : l’apparition de “cheveux de Pélé” (lire par ailleurs), particules siliceuses en formes de fines aiguilles qui peuvent être dangereuses pour le bétail en cas d’ingestion. Une communication sera faite, conseillant aux éleveurs de maintenir leurs bêtes à l’abri et privilégier le fourrage de réserve aux pâturages habituels. Bref, toutes les implications du phénomène sur la vie des Réunionnais sont étudiées sous l’égide du préfet, qui prend les décisions. Les services réunionnais, habitués aux éruptions, ont évidemment géré la crise sans difficulté particulière. Mais cet exercice grandeur nature aura permis de tester l’efficacité du centre opérationnel en attendant, qui sait, un autre événement majeur.