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ARTICLE DU 29/12/2005

Trois nouvelles stations sismiques veillent sur la région de Piton Sainte-Rose

Les scientifiques de l’observatoire volcanologique ont profité hier du répit que leur laissait l’activité, relativement stabilisée, pour rendre opérationnelles trois nouvelles stations sismiques. Elles sont chargées de surveiller la zone sensible de Piton Sainte-Rose - Bois-Blanc, au cas où la fissure qui s’est ouverte lundi soir dans le rempart de l’enclos manifesterait des velléités d’extension en dehors de l’enceinte naturelle du volcan, et par conséquence en direction des zones habitées toutes proches. Cette hypothèse - mais aucun signe n’existe d’une telle éventualité - reflète une préoccupation qui ne relève pas du fantasme. Depuis 1977, le spectre d’une éruption hors enclos resurgit de temps à autres : en l’absence d’un observatoire volcanologique à cette époque (il sera créé "grâce" à elle en 1979), les habitants de Bois-Blanc et de Piton Sainte-Rose avait subi une nuit d’avril une évacuation non prévue et traumatisante. Depuis, d’autres chaudes alertes se sont succédé (coulées sur le viillage du Tremblet en 1986), la dernière en date remontant à celle de Bois-Blanc en janvier 2002 (évacuation préventive). Et il s’en est fallu de peu encore lorsque le petit village, qui voyait la lave couler sous ses yeux dans la mer, a été secoué par des séismes monstrueux lors de l’éruption de février 2005. L’émotion suscitée par ce dernier épisode a eu pour effet positif de déclencher le déploiement de moyens supplémentaires. Depuis, l’observatoire volcanologique a en effet reçu et installé des "stations d’intervention". Chargées d’assurer la surveillance de la zone sensible de Bois-Blanc lorsque l’activité du volcan se déplace dans cette zone, elles ont été rendues opérationnelles hier pour la première fois. Installées à Bois-Blanc, à l’anse des Cascades, chemin la Caisse, elles complètent le réseau permanent existant. Grâce à elles, les scientifiques pourront mieux détecter l’évolution de l’activité redoutée par les habitants du secteur au cours d’éruptions proche du rempart. Les logiciels dont ils disposent leur permettent de visualiser le cheminement du magma. Cette évaluation plus fine devrait permettre de mieux apprécier la réalité d’une éventuelle menace et la nécessité d’évacuer ou non la population.