Effervescence autour d’une éruption
Comme c’est le cas lors du passage d’un cyclone, d’une menace sanitaire ou écologique, tous les services de l’État sont mobilisés en une cellule de crise qui va devoir prendre les décisions et provoquer les actions qui s’imposent au fur et à mesure de la progression d’une éruption volcanique, comme c’est le cas depuis trois jours au piton de la Fournaise. C’est le préfet qui centralise toutes les informations et prend les arrêtés qui s’imposent en fonction des événements. Ainsi, en fonction bien sûr des informations de l’observatoire volcanique de la Réunion, les services de l’État se mobilisent pour que le phénomène fasse courir le moins de risque possible aux habitants, aux touristes, aux infrastructures et à l’économie locale. Un plan spécialisé de secours (PSS) adapté au volcan est déployé, détaillant les missions de chacun. Ainsi, pour la direction départementale de l’équipement, il va s’agir de gérer les conséquences du phénomène sur le réseau routier. Des arrêtés concernant la circulation et le stationnement sur la RN 2 sont préparés et pris le cas échéant. La mise en place de signalisation (rubalise, barrières, panneaux de déviation), en est la conséquence la plus visible, depuis avant-hier soir sur la RN2 à Bois-Blanc. La DDE devra bien évidemment se tenir prête également en cas de coupure de la route par les coulées et sera chargée d’assurer sa réouverture le cas échéant.
En ce qui concerne le service départemental d’incendie et de secours (SDIS), également en liaison permanente avec la préfecture, c’est la préparation de secours avancés qui est pour l’instant à l’ordre du jour. Un dispositif actif de 6 h du matin à 18 h, qui comprend un poste médical avancé au pas de Bellecombe occupé par quatre pompiers, un médecin, un infirmier et un chef de groupe des pompiers ; et un poste de secours occupé par quatre pompiers au niveau du piton de Partage, en direction du point de vue depuis le Nez coupé de Sainte-Rose. Aucune intervention n’a pour l’instant été nécessaire de leur part. Ceux qui ont vraisemblablement le plus de travail pour l’instant sont les gendarmes du Sud et de l’Est, qui gèrent les passages des randonneurs aussi bien au niveau du pas de Bellecombe que celui des spectateurs qui s’aventurent dans les anciennes coulées depuis la RN 2. Si l’arrêté préfectoral interdit au public l’accès à tous les sentiers de l’enclos, ils sont nombreux à s’aventurer sur les anciennes coulées pour rejoindre celles qui descendent vers le littoral. Hier, alors que deux flots de lave descendaient en direction de la RN 2, les gendarmes de la compagnie de Saint-Benoît ont eu fort à faire pour dissuader et reconduire les curieux, qui se sont aventurés en direction des coulées monumentales. “C’est très dangereux, on prend le risque d’être encerclé par des bras de lave, ou d’être surpris par des coulées de laves souterraines, ou tomber dans une faille” rappelait hier soir le capitaine Gay, commandant la compagnie de Saint-Benoît. La beauté du spectacle ne doit pas faire oublier les risques associés au phénomène.