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ARTICLE DU 28/12/2005

Les coulées restent dans l’enclos


La seconde fissure éruptive qui s’est ouverte lundi soir n’a donc pas “sauté” le rempart de l’enclos. Il s’en est encore une fois fallu de peu puisque des fontaines de lave soutenues jaillissent directement de cette paroi qui protège les habitants du village de Bois-Blanc du volcan. Pour l’instant au moins, ils peuvent souffler. Hier soir, les coulées continuaient leur lente progression en direction du littoral

Lundi après-midi, après une phase éruptive très brève en haut de l’enclos, à l’est du cratère Magne, une seconde fissure s’est donc ouverte à 22 h 40 dans les Grandes pentes qui surplombent la plaine des Osmondes, à 1 600 mètres d’altitude environ, se prolongeant sur 150 m environ, directement dans le rempart de l’enclos situé en contrebas du Nez coupé de Sainte-Rose. De spectaculaires fontaines de lave en jaillissent, à 1 500 m d’altitude, alimentant des coulées qui dans l’ensemble se rejoignent, formant de larges fleuves de feu avant de se séparer à nouveau selon les fantaisies du relief. Au vu du déroulement de plusieurs éruptions de ces dernières années, une question brûle évidemment toutes les lèvres : les coulées atteindront-elles la route ? Tout le monde y va de son avis, seul l’observatoire volcacanologique se garde bien d’un pronostic tant les facteurs concourant à un tel dénouement sont impossibles à maîtriser : débit, fluidité, parcours de la lave, accidents de relief... Seuls éléments concrets à se mettre sous la dent : hier matin vers 6 h, le front de coulée se situait à 1 000 m d’altitude, vers 13 h, il avait atteint 900 m, vers 14 h, il avait passé le cassé qui marque le bout de la plaine des Osmondes, devenant visible depuis la route nationale 2. Hier soir, bien qu’engagé dans les pentes qui surplombent le Grand-Brûlé, il ne semblait pas progresser de manière spectaculaire mais s’était en fait beaucoup élargi. La progression des coulées est donc bien imprévisible. Hier soir, le trémor éruptif restait stable selon l’observatoire volcanologique, seuls quelques “petits séismes” étaient enregistrés en zone sommitale et “aucun dans la zone éruptive”. La phase d’activité actuelle joue en principe le rôle d’une soupape de sûreté peut-on penser et rien ne permet actuellement d’envisager une nouvelle progression des fissures vers l’extérieur de l’enclos. Néanmoins, l’observatoire volcanologique surveille de très près tout signe d’évolution de l’activité. Il maintient pour cela une permanence vingt-quatre heures sur vingt-quatre.