“J’ai vu un mur de lave devant moi”

J’ai commencé l’ascension du volcan par le sentier de la Soufrière. Arrivé en haut, j’étais dégoûté de ne pas voir le soleil. La pluie commençait à tomber.” Déçu, Patrick décide donc de rentrer en terminant le tour du cratère Dolomieu. “Je marchais concentré sur mes pas, ma capuche jusqu’aux yeux. Je ne prêtais même pas attention au grondement qui commençait à se faire entendre, pour moi c’était le vent. Mais quand j’ai fini par lever la tête, j’ai vu un mur de lave devant moi qui barrait le chemin.” Ce que voit Patrick à ce moment-là, aux alentours de 6 h 45, ce sont des fontaines de lave qui projettent de la roche en fusion de part et d’autres du sentier balisé. “J’ai d’abord eu le réflexe de reculer et puis je suis revenu sur mes pas pour prendre des photos. Je me suis dis que c’était génial de voir ça mais j’avais les genoux qui claquaient !”. Un peu désemparé par le spectacle dont il est témoin, Patrick a tout de même le réflexe d’appeler le gîte du volcan. “Je me repérais difficilement avec le brouillard, je savais que la bifurcation de la Soufrière se situait à environ 200 mètres en aval mais je ne savais vraiment pas quoi faire. J’étais un peu paniqué, tout seul là-bas. Et puis je me suis souvenu que j’avais croisé un groupe une demi-heure avant.” A l’autre bout du fil, Teddy, le responsable du gîte, et Fred, guide de montagne, le rassurent et lui conseillent vivement se s’éloigner de la coulée de lave et de revenir sur ses pas. “C’est grâce à eux je me suis senti rassuré, j’ai fait ce qu’ils m’ont dit. J’ai refait le tour en sens inverse et j’ai essayé de rattraper le groupe. Finalement, le temps s’est levé j’ai fini par les rejoindre. Nous sommes restés ensemble au bord du cratère Dolomieu à regarder les projections de lave. On sent vraiment que ça chauffe !” Finalement Patrick sera remonté seul au pas de Bellecombe. A 10 h 15, il était de retour au gîte, encore étonné de ce qui lui était arrivé.