Le piton de la Fournaise est entré en éruption hier matin pour la troisième fois cette année. Mais l’activité a faibli très rapidement, plus aucune coulée n’étant visible après le milieu de la journée. Éruption terminée ou simple pause ?
Le volcan mijotait à nouveau dès la fin de l’éruption du mois d’octobre dernier. Et hier matin, alors qu’une éruption était donnée comme possible à tout moment par l’observatoire volcanologique depuis une dizaine de jours, une crise sismique a débuté, à 5 h 59 exactement. Moins de 30 minutes plus tard, à 6 h 25, le magma débouchait à l’air libre, signe qu’il se trouvait à faible profondeur sous le sommet. Le mauvais temps qui s’est abattu dès le début de la matinée et l’abondance des gaz (dioxyde de soufre principalement) sur le massif du volcan n’ont pas permis de bien localiser l’extension des fissures éruptives et des coulées. Selon les témoignages de pilotes d’hélicoptère et de randonneurs recueillis par l’observatoire volcanologique, on sait néanmoins qu’une fissure s’est d’abord ouverte au sommet, dans la partie ouest du cratère Dolomieu, siège de nombres éruptions ces dernières années, selon un axe pratiquement nord-sud. Elle aurait cessé d’émettre de la lave dès 9 h 30, selon l’observatoire.
L’activité au plus bas hier soir
Une ou plusieurs fissures se sont également ouvertes sur le flanc nord, partant pratiquement du sommet du volcan, à l’ouest de la Soufrière (environ 2 600 m). Au cours d’une reconnaissance à pied, dans le brouillard puis sous la pluie, l’observatoire volcanologique a pu identifier un point d’émission principal à 2 370 mètres d’altitude, au-dessus du piton Kapor (mars 1998) et du piton Célimène (février 2000). Les scientifiques ont été surpris par le peu de projections, contrastant avec des coulées assez rapides et au débit soutenu. Ils ignorent jusqu’où la lave est allée. Dès midi, le trémor éruptif (vibration de la cheminée volcanique, indicateur du niveau de l’activité) a chuté et, hier vers 15 h 45, le réseau de surveillance n’enregistrait plus qu’un trémor résiduel, très faible donc. Cette situation persistait hier soir, même si un bref sursaut a pu laisser penser à une “suite” en fin de soirée. Un scientifique assurait la veille à l’observatoire pour parer à toute éventualité.
F.M.-A.
- Plus aucune activité n’était visible hier soir. L’accès à l’enclos du volcan est interdit depuis hier matin.
- Le piton de Partage “interdit” ? L’éruption était parfaitement visible du pas de Bellecombe hier matin, surtout si l’on était muni de jumelles. Du piton de Partage, le spectacle devait être même superbe. Hélas, le sentier aisé qui longe l’enclos et permet de se rendre en une demi-heure (aller) à ce point de vue très prisé était mentionné interdit par un panneau de l’ONF, comme lors de l’éruption d’octobre dernier déjà. Etonnant puisque le point de vue, assez vaste, a été parfaitement sécurisé depuis l’éruption de mars 1998, à l’aide de filets. L’observatoire volcanologique considère pour sa part cette zone comme exempte de danger d’un point de vue géologique. Dommage de priver les visteurs sans raison sérieuse du spectacle.
- Une cinquantaine de marcheurs évacués L’ordre d’évacuation de l’enclos donné, un gendarme du peloton de haute montagne (PGHM), déposé hier matin vers 9 h, a fait l’ascension du volcan en compagnie de deux de ses collègues de la brigade de la Plaine-des-Cafres. Ils ont invité les randonneurs croisés en chemin à faire demi-tour. Une cinquantaine de visiteurs étaient présents dans l’enclos lorsque a débuté l’éruption. Sans lien avec l’éruption, une randonneuse victime d’une entorse a dû être aidée pour rentrer à bon port.


