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ARTICLE DU 30/11/2005

Eruption éclair

La troisième éruption de l’année 2005 a commencé hier matin à 6 h 25 par l’ouverture d’une fissure à l’intérieur du cratère Dolomieu, comme le 4 octobre dernier. (photo Patrick Devidal)


Le piton de la Fournaise est entré en éruption hier matin pour la troisième fois cette année. Mais l’activité a faibli très rapidement, plus aucune coulée n’étant visible après le milieu de la journée. Éruption terminée ou simple pause ?

Le volcan mijotait à nouveau dès la fin de l’éruption du mois d’octobre dernier. Et hier matin, alors qu’une éruption était donnée comme possible à tout moment par l’observatoire volcanologique depuis une dizaine de jours, une crise sismique a débuté, à 5 h 59 exactement. Moins de 30 minutes plus tard, à 6 h 25, le magma débouchait à l’air libre, signe qu’il se trouvait à faible profondeur sous le sommet. Le mauvais temps qui s’est abattu dès le début de la matinée et l’abondance des gaz (dioxyde de soufre principalement) sur le massif du volcan n’ont pas permis de bien localiser l’extension des fissures éruptives et des coulées. Selon les témoignages de pilotes d’hélicoptère et de randonneurs recueillis par l’observatoire volcanologique, on sait néanmoins qu’une fissure s’est d’abord ouverte au sommet, dans la partie ouest du cratère Dolomieu, siège de nombres éruptions ces dernières années, selon un axe pratiquement nord-sud. Elle aurait cessé d’émettre de la lave dès 9 h 30, selon l’observatoire.

L’activité au plus bas hier soir


Une ou plusieurs fissures se sont également ouvertes sur le flanc nord, partant pratiquement du sommet du volcan, à l’ouest de la Soufrière (environ 2 600 m). Au cours d’une reconnaissance à pied, dans le brouillard puis sous la pluie, l’observatoire volcanologique a pu identifier un point d’émission principal à 2 370 mètres d’altitude, au-dessus du piton Kapor (mars 1998) et du piton Célimène (février 2000). Les scientifiques ont été surpris par le peu de projections, contrastant avec des coulées assez rapides et au débit soutenu. Ils ignorent jusqu’où la lave est allée. Dès midi, le trémor éruptif (vibration de la cheminée volcanique, indicateur du niveau de l’activité) a chuté et, hier vers 15 h 45, le réseau de surveillance n’enregistrait plus qu’un trémor résiduel, très faible donc. Cette situation persistait hier soir, même si un bref sursaut a pu laisser penser à une “suite” en fin de soirée. Un scientifique assurait la veille à l’observatoire pour parer à toute éventualité.


F.M.-A.