Une éruption possible dans les jours à venir
A peine finie l’éruption du 4 octobre, qui a duré près de deux semaines, le piton de la Fournaise a été pris de bougeotte. Le sommet du volcan a recommencé à gonfler, la sismicité a augmenté graduellement, une activité ponctuée par une petite crise sismique il y a une huitaine de jours. Et depuis ce week-end, le nombre de séismes n’a cessé d’augmenter, leur énergie aussi, avec des événements atteignant une magnitude atteignant 2,1. Et ça continue depuis : 57 séismes lundi, dont le plus fort d’une magnitude 1,5 ; 74 mardi avec un magnitude atteignant 1,45. Or, depuis quelques jours, une partie de ces séismes est analysée à l’observatoire volcanologique comme provoquée par des effondrements qui se produiraient à environ 1 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit à environ 1 500 mètres sous le sommet du volcan, un "étage" de l’édifice du volcan présumé être une zone de stockage du magma venu des profondeurs de la Terre. Mais cette réserve s’épuisant au fil des éruptions, se forme alors un vide au milieu de l’édifice du sommet du volcan, constitué d’un empilement de coulées peu stable : la vidange des poches de magma rompt le fragile équilibre, cette zone est le théâtre d’effondrements qu’enregistre le réseau de surveillance du piton de la Fournaise. Des épisodes de ce type ont d’ailleurs été décrits à la suite de plusieurs éruptions récentes, sans que les effondrements soient toujours bien visibles en surface, mais des effondrements accompagnés de phénomènes spectaculaires (1860, 1986...) ont également été observés. Dans le même temps, l’observatoire volcanologique a continué de détecter un gonflement très localisé au sommet du volcan, dont le rythme s’est accru depuis quelques jours. Il laisse envisager une éruption "dans les jours à venir" selon les scientifiques. La concomitance de ce phénomène de gonflement et d’effondrements internes au volcan intrigue l’observatoire qui n’a jamais été semble-t-il confronté à un tel cas de figure en apparence contradictoire. Il souligne néanmoins que si un effondrement devait se produire dans le cratère Dolomieu, il serait précédé d’une "sismicité plus importante, avec des séismes plus forts".
F.M.-A