L’accalmie qui a succédé à la petite crise sismique de mercredi dernier a été de courte durée :
l’activité a repris de plus belle ce week-end au piton de la Fournaise où l’observatoire volcanologique
a noté surtout une augmentation de la magnitude des séismes. On pourrait assister soit à une suite de
l’éruption sommitale du 4 octobre, soit à une nouvelle éruption, n’importe où sur le massif du volcan.
“Le nombre de séismes est élevé et les magnitudes sont de plus en plus importantes”, indique le bulletin
de l’observatoire diffusé hier. Ce n’est pas tant leur nombre (autour d’une soixantaine chaque jour) que
leur intensité qui est remarquable, selon l’équipe scientifique de la Plaine-des-Cafres ; plusieurs événements
ont en effet atteint une magnitude égale à 2, voire atteint 2,1 samedi, ce qui permet de les qualifier de “gros
séismes” dans le cadre de l’activité du piton de la Fournaise. En revanche, seule une zone très localisée du
sommet semble être le sièges de déformations correspondant à un gonflement du volcan. Mais l’activation d’un
seul des extensomètres chargés de mesurer l’ouverture de plusieurs fissures équipées sur le massif ne permet
pas aujourd’hui de compter sur ces instruments pour savoir quand l’éruption attendue va survenir : c’est en
effet le croisement de leurs données qui avait permis au cours des années passées de définir avec succès un
niveau de gonflement à partir duquel une éruption était considérée comme imminente.
Réalimentation ?
Au vu des éléments à sa disposition, Thomas Staudacher, directeur de l’observatoire, propose deux scénarios
éruptifs possibles :
- soit “la prochaine éruption sera la poursuite de la dernière éruption du 4
octobre dans le cratère Dolomieu ; dans ce cas, il n’y a pas vraiment de seuil pour l’ouverture de
l’extensomètre de Soufrière et l’éruption peut débuter rapidement” ;
- soit “la prochaine éruption se
fait indépendamment de la dernière éruption ; dans ce cas, on devrait pouvoir s’attendre à ce que
l’extensomètre Soufrière s’ouvre davantage. Par contre, le site de l’éruption peut se situer n’importe où sur
l’édifice du piton de la Fournaise”. L’apparition, la semaine dernière, de séismes plus profonds, localisés à
3 kilomètres sous le niveau de la mer, tranchant avec l’activité sismique habituelle, plus superficielle
(au-dessus du niveau de la mer), pourrait suggérer une réalimentation du piton de la Fournaise en magma. Ce
type d’épisode semble se produire à intervalles de quelques décennies seulement au piton de la Fournaise. Et
dans le cas actuel, il resterait à démontrer. L’éruption du 4 octobre a pour sa part mis en jeu un magma stocké
dans une chambre relativement superficielle.
F.M.-A
- La vigilance volcanique est toujours en vigueur depuis la fin de l’épisode éruptif du 4 octobre ;
l’accès à l’enclos du volcan reste cependant autorisé aux randonneurs.