Prochaines coulées au pied du volcan, mode d’emploi

C’est à pied que le Grand-Brûlé s’ouvre désormais à la visite. Avec la possibilité de rallier les différentes coulées grâce à un nouveau maillage et l’ouverture de près de 14 kilomètres de sentiers et de pistes, créés ou réhabilités par l’Office national des forêts. Point fort : un nouvel itinéraire, long de 8,5 km, depuis le site de la Vierge au Parasol au nord jusqu’à la pointe du Tremblet au sud, pour remplacer le sentier des pêcheurs, jugé escarpé et dangereux. Le nouvel axe, justement baptisé “sentier des laves”, demande au marcheur entre 3 heures et 4 heures pour être parcouru dans son intégralité. Une “colonne vertébrale” dans l’esprit de ses créateurs, longeant le littoral (à une distance comprise entre 15 et 30 mètres de la falaise) et la RN 2, ponctuée de 6 routes et pistes forestières - de 600 mètres à plus d’un kilomètre - qui la raccordent à l’axe routier.
Premier objectif de l’ONF : faire de ce nouveau maillage un axe privilégié pour amener demain le public au plus près de l’événement, à l’occasion d’une prochaine coulée qui finirait une nouvelle fois sa course à la mer, même s’il est bien évidemment impossible de prédire si un tel événement risque de se reproduire dans un mois, un an, dix ans, trente ans... En août 2004, ils avaient été plus de 40 000 à converger en quelques jours vers le Grand-Brûlé pour assister au mariage de l’eau et du feu. Les agents de l’ONF du Sud sauvage avaient alors aménagé des sentiers à la hâte, au rythme de la progression de la lave, ainsi que des plates-formes de part et d’autre de l’entrée en mer, propres à accueillir le public en toute sécurité. Cette fois, l’Office prend les devants en s’offrant la possibilité d’une plus grande réactivité en fonction de l’itinéraire choisi par les coulées : une piste supplémentaire, agrémentée d’une plate-forme d’observation au plus près de l’événement pourrait alors être aménagée plus rapidement. Deuxième objectif : offrir un meilleur accès aux secours en cas de nécessité. Les pistes seront retravaillées en 2006 pour permettre aux véhicules légers de secours d’accéder jusqu’au sentier ; des plates-formes permettront l’atterrissage d’hélicoptères. Coût total des travaux : environ 20 000 euros, financés par le Département, propriétaire des lieux (forêt départemento-domaniale). D’une ouverture de 1,50 m, les sentiers sont accessibles au grand public et calibrés pour une bonne circulation des visiteurs
Philippe Madubostoutier.

Au total, un peu moins de deux mois auront été nécessaires aux ouvriers forestiers de l’Unité territoriale de Saint-Philippe - qui couvre la zone de Saint-Joseph à Sainte-Rose - pour leur réalisation. Des panneaux, en cours de fabrication, seront également installés d’ici à la fin du mois pour orienter les visiteurs. Pour l’ONF, l’extension du réseau en amont de la route, en direction des grandes pentes, n’est pas d’actualité. Car jugé difficile à réaliser pour cause de dangerosité du relief, entraînant problèmes d’entretien et gestion délicate des flots de visiteurs.